L’extravagant docteur Broussard sur son drôle de journal [analyse]

Par Ilan Tsadik / Metula News Agency

Philippe Broussard est un drôle de personnage. En tous cas, il n’accorde pas beaucoup de crédit à ce que publie son directeur Jean-Marie Colombani, car s’il avait retenu la critique que ce denier formule à l’égard du Président Chirac dans "Tous Américains ?" (Fayard), il aurait pris les deux derniers articles qu’il affiche dans le Monde et se serait hâté d’en faire des boulettes et de les avaler.

Car s’il est vrai, comme Colombani l’écrit, que Jacques Chirac considère l’Etat juif et ses 6 millions et demi d’habitants comme un phénomène éphémère, une parenthèse de l’histoire, les concitoyens israélites de Broussard démontreraient leur parfait équilibre mental en montant aux barricades. Les juifs français auraient, de plus, le plus sain des réflexes en s’étonnant que le Président fasse l’unanimité derrière sa politique étrangère, réunissant, dans son délire, les journalistes de Minute et ceux de l’Huma autour de formules parfaitement identiques.

Peu enclin au doute, cependant, Broussard choisit de s’ériger en docteur et de médicaliser d’un coup l’attitude de 5 à 600'000 personnes. A la barre de n’importe quel tribunal, on lui aurait demandé le nom des écoles qu’il a suivies afin d’émettre sur une telle multitude un constat d’expert en psychiatrie mais dans les médias tricolores, lorsqu’ils marginalisent les juifs, on donne aux charlatans les plus larges indulgences.

Jugez par vous-mêmes de la profusion des termes médicaux dont use notre bonhomme afin de caractériser la pathologie dont souffriraient les juifs français. Pathologie aigüe et terriblement périlleuse pour la nation s’il en fût, qu’avec ses collègues de la Nouvelle Faculté, il a choisi d’appeler "le repli communautaire" :

Malaise, peur, remise en cause, repli, tentation, reproche, mal-être, inquiétude, diagnostic, interrogations, choc, impression, ébranlement, appréhension, déchirement, mentalité d’assiégés, rechute, crise, sentiment d’abandon, mal, aigu, situation post-traumatique, fusionnel, frustrations, défiance, sensibilité particulière, blessure, rejet, paranoïa.

Il ne s’agit pas de la dernière blague du Café du Commerce mais des détails caractéristiques du diagnostic médical des juifs de l’Hexagone, par le docteur Philippe Broussard, tels qu’ils figurent dans deux petits articles, "La vision "caricaturale" des médias en accusation" et "Le malaise persistant des juifs de France".

Allez après ça, en partant de si loin, tenir une discussion équilibrée…

A lire Broussard (dont la démarche est une copie conforme des articles sur le sujet qui fleurissent dans toute la presse nationale) le mal juif serait uniquement une introversion d’origine paranoïaque. Entendez par là (où par où vous voudrez !) que les israélites ressentiraient une confusion diffuse, qu’ils se seraient inventée tout seuls. Le psychiatre Brou-Brou précisant à cet égard : "Définir ce sentiment n'est pas chose facile. Il se nourrit de peur face aux violences antisémites ; de rancœur à l'égard de la gauche, accusée, en son temps, de passivité ; de reproches aux journalistes, critiqués pour leur traitement du Proche-Orient... (…)"

Lisez bien, bonnes gens, tout part de la pathologie des juifs : Ca n’est pas les violences antisémites qui les menacent, c’est LEUR sentiment qui se NOURRIT de ces violences ; ça n’est pas la gauche qui a laissé qu’on crie "mort aux juifs" lors de SES manifestations au cœur de Paris et qu’on défonce des adolescents de l’Ha-Shomer Ha-Tsaïr lors des cortèges de la CAPJPO, ce sont les juifs qui ont développé une rancœur à l’égard de la gauche, que les JUIFS ACCUSENT de passivité ; ça n’est pas le Nouvel Obs qui accuse les soldats juifs de violer systématiquement les jeunes palestiniennes afin qu’elles se fassent massacrer par leurs familles, ça n’est pas le rédacteur en chef du Monde, Sylvain Cypel, monopolisant les premières pages du journal, qui répand l’imposture d’un complot gigantesque du Mossad contre les États-Unis, non, ce sont encore ces paranos de juifs qui s’inventent des REPROCHES et des CRITIQUES hallucinatoires de leurs irréprochables journalistes – l’origine paranoïaque des reproches et des critiques juifs étant matérialisée dans l’article de Broussard par les points de suspension -.

Est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous gratouille ? – Parce que si ça vous gratouille, chers lecteurs, vous avez la possibilité de frapper (pas trop fort, les lecteurs juifs, ou les potes de Plenel vont vous accuser de violences sur claviers !) [google.com] puis ["Metula News" + "Le Monde"] et si vous avez le temps – beaucoup de temps ! – vous lirez tout au long de dizaines d’articles méticuleusement circonstanciés et JAMAIS mis en cause par personne, s’il est sainement concevable que les israélites de France doivent encore s’inventer d’autres raisons de douter de l’impartialité des médias shaddoks, ne serait-ce que de la feuille de choux dans laquelle s’exprime cette bravache réplique du docteur Knock.

Le fait, de la part de Brouhaha, de s’autoriser à prétendre, dans l’état actuel de la haute résolution de la critique de la partialité de l’intelligentsia française dans le conflit proche oriental, que les israélites sentiraient confusément, sans pouvoir mettre le doigt dessus que ""quelque chose" a changé dans leur vie de Français depuis le début de la deuxième Intifada, en septembre 2000. Quelque chose qui a trait à la fois à Israël et à leur place dans la France d'aujourd'hui" tient à la fois du prodige et de la malhonnêteté la plus infuse.

Tout comme il est malhonnête de n’attribuer l’inquiétude de la communauté juive que face aux manifestations d’extrême gauche, alors que c’est spécifiquement l’unanimisme anti-Israël primaire qui a repris (la première fois c’était en 1900, à l’occasion du procès Dreyfus, la seconde en 40)  l’intelligentsia parisienne bourgeoise, ignorant jusqu’au clivage gauche-droite, qui trouble les juifs.

Cet unanimisme qui utilise volontiers le monopole qu’il a des médias afin de bâillonner la critique intelligente des juifs, de les marginaliser, de médicaliser leur sentiment – comme dans les diagnostics de Broussard – et de les caricaturer à l’extrême, comme s’il s’agissait d’un troupeau de débiles malheureux.

Malhonnête d’écrire : " (…) ces 500 000 à 600 000 personnes hâtivement regroupées sous l'appellation "communauté juive" (…)" alors que cette hâte date d’avant la révolution française.

Malhonnête surtout, de citer répétitivement les arguments des juifs sans en vérifier le bien fondé et de ne pas s’astreindre à une comparaison dépassionnée des points de vues. Comme c’est le cas de notre affaire Al-Dura, qui revient comme un refrain dans les textes du docteur Broussard. Chaque fois, le charlatan se contentant de persifler les juifs en s’alignant sur les positions de Fr2, sans expliquer ni pourquoi ni comment, sous le chapeau de la paranoïa juive.

Non, Broussard, les juifs et les démocrates français ne vouent pas France 2 aux gémonies, comme vous l’écrivez, "pour avoir filmé, puis diffusé, le 30 septembre 2000, la mort d’un Palestinien de 12 ans, Mohamed El Dirah ( ?), dans les bras de son père." ! Par contre, ils fustigent la chaîne publique, et les plumitifs sans scrupules qui, sans ne rien savoir, comme vous le faites, ostracisent la comparaison des preuves.

Ca n’est pas pour avoir filmé la mort d’Al-Dura que la Ména va confondre Franz II et les perruches ânonnantes de votre espèce, mais pour avoir diffusé la mise en scène de cette mort, fabriquée par l’un de ses caméramans et commentée par son correspondant permanent à Jérusalem. Et parce que des centaines d’innocents, Israéliens et Palestiniens, ont été tués au nom de cette imposture authentiquement française.

Avant de traiter le Président du Consistoire juif de Paris, Maurice Cohen, de paranoïaque et d’hostile lorsqu’il écrit la vérité, avant d’appeler rejet le refus de votre entrave à la recherche de la vérité dans l’affaire Al-Dura, avant d’insulter les partisans juifs de la comparaison des preuves, les qualifiant sans raison objective de "frange la plus radicale de la communauté", avant de médicaliser ceux qui critiquent votre démarche, vous pourriez aussi bien commencer par vous poser des questions de journaliste. Vous savez, Broussard, ces professionnels de l’information qui citent leurs détracteurs, qui donnent accès à leurs articles (voyez comme je fais un peu plus haut pour les vôtres), qui vont au bout de leurs enquêtes, qui doutent des postulats trop policés et qui s’efforcent d’ouvrir les débats au lieu de les détourner !

Malheureusement, je ne puis non plus partager l’optimisme de mes cousins, responsables des institutions juives de France et lorsque Cukierman prétend que son problème est circonscrit à quelques éléments marginaux (Jacques Chirac, un élément marginal ?), lorsque d’autres affirment que l’œil du cyclone est déjà derrière eux, je les trouve naïfs. Les articles du genre de ceux de Broussard prolifèrent et le mensonge haineux veut partout prendre la place de la vérité. Philippe Broussard peut bien rire en parlant des "journalistes français qui ont touché le fond" et de la "désinformation du Monde", en fin de compte c’est toujours d’eux-mêmes, et sans s’en rendre compte, que les charlatans se moquent.