« Ce film est dédié à la mémoire de Daniel Pearl, journaliste assassiné parce que juif… »

 

 

Voix off lisant le déroulant :

Ce film n’est pas un documentaire prétendant à la neutralité. Il veut dire une opinion, il veut dire une indignation. Il dénonce cette grande régularité dans l’histoire des hommes qui a fait des Juifs les boucs émissaires des malheurs du monde.  Depuis cinquante ans, la démonisation du Juif a muté. Israël semble être l’épicentre d’une passion planétaire. Israël n’est pas un Etat au-dessus de la critique, mais la volonté de l’accabler, de présenter ses soldats comme des violeurs ou des tueurs d’enfants règle d’autres comptes, dit autre chose que la contestation d’une politique. En le présentant comme malfaisant par nature s’affirme la volonté de délégitimer cet Etat, non pas pour ce qu’il fait, mais pour ce qu’il est. Cet acharnement, cette diffamation est une énigme dans l’Histoire. Ce film tente de la questionner.

 

 

EXT TEL AVIV

Les flammes de quelques veilleuses éclairent l’asphalte.

Denis, Myriam et ses enfants se recueillent sur la tombe de Rabin.

 

 

Sophie Dulac Productions

présente

 

 

IMAGES D’AGENCE

 

                              I. RABIN

Le chant de la paix n’est pas seulement une prière !  La paix est au centre de toutes nos prières.  Elle est la volonté de tout le peuple juif.  Et nous avons une incroyable volonté de paix !

 

DECRYPTAGE

 

EXT TEL AVIV

Denis et ses enfants se recueillent sur la tombe de Rabin

 

IMAGES D’AGENCE

retour sur la foule et discours de rabin

Itskhac Rabin termine son discours descend les marches et se fait assassiner.

 

ARRESTATION

COMMENTAIRE TV

The security shield failed so disastrously. The gunman was Egal Amir, a 27-year-old law student. After firing . . . he wanted to kill foreign minister Simon Peres as well.

 

EMOTION DES GENS

Témoin

It's, it's, it's unbelievable!

 

Un film de

Jacques Tarnero

Philippe Bensoussan

 

DENIS CHARBIT:

Camus a une très, très belle distinction qu’il fait entre le drame et la tragédie, et il dit : le drame en littérature, c’est quand il y a, on identifie très rapidement les bons et les méchants. La tragédie, c’est quand Antigone a raison et que Créon n’a pas tort. Hé bien je pense, enfin pour moi, le conflit israélo-arabe c’est une tragédie, c’est pas un drame.

 

IMAGES WASHINGTON SEPT 93

La poignée de main entre Arafat et Rabin

Le prix nobel.

Commentaire :

Il y a un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour détruire et un temps pour bâtir, un temps pour aimer et un temps pour haïr. Quand Itzak RABIN cite l’Ecclésiaste, ce 13 septembre 1993, à Washington, nous pensions que le temps de la paix était enfin venue. Nous pensions que cette poignée de mains  entre Yasser ARAFAT et Ystak RABIN allait mettre fin à la guerre de 50 ans.

Cet espoir, ici, en France, nous l’avions partagé, nous les auteurs de ce film. D’où parlons-nous comme on dit, sinon de ce lieu amère de l’espoir brisé.

 

INT PARK HôTEL

Images de l’attentat au Park hôtel de Nethanya

Le mercredi 27 mars 2002, c’est le soir du Seder du Pessah qui rappelle aux Juifs leur libération quand ils étaient esclaves dans l’Egypte de Pharaon. Cette fête symbolise l’espérance de la liberté et en rappelle la dimension universelle.

Une bombe humaine, un homme palestinien, explose au milieu des convives.  Il y a trente morts et 140 blessés.  Que visait le tueur ?  Luttait-il pour l’indépendance de la Palestine, que voulait-il détruire ?

 

 

EXT. CIMETIERRE DE NETHANYA

Bernard Zaoui récite le Kaddish sur le cercueil de sa mère.

               Commentaire off :

Ce 27 mars, cette rescapée des camps de la mort, Madame Stein Zaoui, qu’Hitler n’avait pas réussi à faire disparaître, est rattrapée par l’Histoire.

 

On met le cerceuil en terre

LE PERE

Elle n’était pas malade, rien du tout !  On est allé à une fête, on est allé à une prière.

Papa, c’est pas possible !

 

BERNARD ZAOUI :

Moi, je suis un militant de la paix, et je suis pour le partage, je suis pour la création d’un Etat palestinien, mais pas avec des terroristes, pas un Etat terroriste 

 

               Commentaire off :

Pour les terroristes, un bon Israélien est un israélien mort. Peu importe d’être un militants de la paix.

Ilan Greilsamer est professeur de sciences politiques. Cet intellectuel autant que militant de la paix, favorable à la restitution des territoires, n’a pas la langue de bois.

 

 

01 06 31 ILAN GREILSAMER :

Moi, je parle de la gauche à laquelle j’appartiens, qui est la gauche sioniste, qui est la gauche israélienne patriote et sioniste, si vous voulez, et en ce qui me concerne je suis extrêmement critique de la politique du gouvernement israélien, mais d’un autre côté nous sommes encore beaucoup plus critiques de ce que font les Palestiniens aujourd’hui et de ce que fait Yasser Arafat.


 

INTIFADA

 

IMAGE TF1

               PPDA

Flambée de violence à Jérusalem et dans les territoires occupés.  A l’origine de ces affrontements, une visite du chef de la droite israélienne sur l’esplanade des mosquées.

               B. AGUIRRE off :

Chef de file du Likoud, le principal parti de droite israélien, Ariel Sharon a depuis toujours le goût prononcé des actions…

               C. ENDERLIN off :

Ariel Sharon est entouré de gardes du corps et de policiers tendus.  Des fidèles musulmans et des députés arabes israéliens sont là et l’interpellent.  Les équipes de télévision n’ont pas été autorisées à pénétrer sur l’esplanade des mosquées, et ces images ont été tournées par des Palestiniens avec des vidéos amateur.

              

               Commentaire off :

L’histoire officielle date du 28 septembre 2000, le début de la seconde Intifada avec la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des mosquées. Cette histoire ne dit pas la vérité. Elle a construit un récit qui veut qu’Israël soit le responsable et le coupable.

 

               JACQUES CHIRAC

Nous sommes consternés et très préoccupés par cette flambée de violence.  A l’origine, jeudi dernier, une provocation irresponsable sur le lieu saint de l’esplanade des mosquées.

 

ALEXANDRE ADLER:

A la veille de la visite de Sharon sur l’esplanade des mosquées qui était annoncée depuis une semaine dans la presse, il y a eu une rencontre entre Arafat et Ehud Barak, et je peux vous dire sans aucune, je ne fais pas du tout une révélation, que Barak a dit à Arafat, entre quatre yeux : oui, Sharon va venir sur l’esplanade demain, et Arafat n’a fait aucun commentaire.  Et… et pour cause, on voit bien de quoi il s’agissait : Ehud Barak venait d’accepter ce qui apparaissait encore aux yeux de tous comme inacceptable… pour un Israélien, c’est-à-dire le partage définitif de Jérusalem, l’existence de deux capitales pour une même ville, et il avait employé même le mot al-Kouts, la sainte, le mot arabe pour définir Jérusalem.  C’était beaucoup !

 

EHUD BARAK :

I sat down with him for some 45 minutes alone on my balcony and I tried to really see whether we can convince him that an angel will not descend from heaven to solve the problem for us. Maybe the religious people on both sides can believe that somehow angels will do it, but I have a very strong conviction that we have to help the Almighty if something good has to happen. And somehow I could not find him there. So, I didn’t know that he will erupt in violence immediately, but certain hints and certain intelligence material pointing to the possibility that he will kind of turn to terror and violence.

 

IMAGE TF1 CLAIRE CHAZAL

               Commentaire off :

Pendant qu’à Camp David, c’est de la paix dont il est officiellement question, l’Autorité Palestinienne prépare ses enfants à la guerre.

 

REPORTAGE TF1

Ici les plus jeunes ont dix ans, les plus vieux seize ou dix-sept ans.  Ces camps d’été durent trois semaines et ont réuni plus de 20.000 enfants en Cisjordanie et à Gaza.  Ils crient à la libération de Jérusalem. La Kalashnikov, l’emblème des luttes anciennes, est devenue objet d’exercices. La Kalashnikov est presque aussi grande qu’elle, mais aussi beaucoup plus résistante, trop lourde pour ses mains d’enfant.  L’histoire n’a pas encore fini de tourner la page des combattants feddayins. C’était à l’époque d’une autre révolution qui n’est pas encore tout à fait achevée.

 

LAURENT HAUBEN

En temps de négociations de paix, ce genre d’exercices para-militaires pourrait prêter à confusion, mais n’oublions pas qu’ici, en cas d’échec des négociations de Camp David, c’est la violence qui pourrait bien reprendre le dessus.

 

EXT CENTRE ANTITERRORITE

Images d’extérieurs du centre.

Commentaire off :

Confrontée à la violence depuis ses origines, Israël a fait du terrorisme un objet d’études universitaires.  A Erzilia, Boaz Ganor dirige un centre de recherches sur le terrorisme.

 

BOAZ GANOR 

Arafat had the plan to go and start violence because he believed that whatever would be offered in Camp David, he would get more by the use of violence. By the way, he was right again. Because after he started this war or these atrocities against Israel, we had these discussions in Taba three weeks or four weeks after, the Israelis offered more than they offered in Camp David. The pattern has worked again. So until today all Israeli governments didn’t taught Arafat that violence doesn’t pay.

 

IMAGE DAVID BIRRI

 

Commentaire

Un jour avant la visite de Sharon sur l’esplanade, un soldat israélien David Birri membre d’une patrouille mixte israélo-palestinienne est assassiné de sang froid par son collégue palestinien. C’est le vrai début de l’Intifada al Aksa.

 

ELISABETH SCHEMLA:

Depuis de nombreux mois déjà Yasser Arafat et le Fatah, par les souterrains de Rafah au sud de la bande de Gaza, avaient fait pénétrer tout un certain nombre d’armes dont ils allaient… dont ils allaient se servir. Deuxièmement, la préparation de cette guerre qui allait être déclenchée le 29 septembre, on le voit aussi avec la libération des premiers prisonniers de Hamas et de Djihad Islamique qui, contrairement à ce que l’on croit, n’a pas eu lieu pour la première fois après le déclenchement de la guerre, mais tout de suite après le sommet de Camp David.

 

Image FR 2 :

Pour montrer sa détermination, l’Autorité Palestinienne a immédiatement relâché des prisonniers du Hamas détenus dans les geôles palestiniennes.  Ces derniers sont à l’origine des attentats contre Israël depuis 93.

 

ALEXANDRE ADLER:

L’Intifada n’a rien de spontanée. Il y a même eu, bien sûr, contact entre les députés arabes israéliens les plus proches de l’OLP et celle-ci pour qu’ils accompagnent le mouvement de manifestations qui, elles aussi, avaient été préparées avec un certain soin.

 

Discours de FALUDJI:

Celui qui pense que l’Intifada est le résultat de la méprisable visite de Sharon à la mosquée Al Aksa a tort.

 

ALEXANDRE ADLER off

Un ministre palestinien l’a dit à Beyrouth, en se vantant un peu devant ses amis du Hezbollah : « L’Intifada a été préparée de longue main ».

 

EXT AFP

Image de circulation devant le siège de l’AFP

 

               Commentaire off :

Pourquoi n’a-t-on pas vu ces images sur les écrans des télévisions françaises ?  Pourquoi ce croc-en-jambe à l’histoire officielle a-t-il été dissimulé ?  Pourquoi fallait-il faire à ce point de la visite de Sharon sur l’esplanade des mosquées l’unique cause du déclenchement des violences ?  Clément Weil Raynal, journaliste à France 3, brise le silence des complicités.

 

CLEMENT WEIL RAYNAL:

C’est le mécanisme de base de la désinformation : l’omission.  On n’en parle pas, on enterre tout, on n’a rien vu, on n’a rien entendu.

Cette thèse qui met en pièces la thèse défendue depuis plusieurs mois par l'Agence France Presse selon laquelle ce serait Ariel Sharon… hé bien l'Agence France Presse l'a passée totalement sous silence.

Le rapport Mitchell va dans le droit fil de cette affaire : une commission mixte, américaine, les Palestiniens ont donné leur accord, les Israéliens ont donné leur accord.  Elle va enquêter de manière impartiale sur le déclenchement de l'Intifada.

 
IMAGES D’AGENCES RAPPORT MICHELL

The Palestinian authorities should make clear through concrete action…

 

CLEMENT WEIL RAYNAL:

Qu’est-ce qu’écrit l’agence France-Presse ? Elle écrit tout simplement le vendredi matin : la mission du rapport Mitchell est de déterminer l’origine des violences déclenchées par la visite controversée d’Ariel Sharon sur l’esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’Islam.  Voilà une agence de presse réputée sérieuse qui, au lieu de poser la question et annoncer qu’on va poser la question…

La réponse est dans la question…

… apporte la réponse dans la question !

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

Il y a eu un attentat à Tel-Aviv qui a fait une vingtaine de morts et plus de cent blessés, une bombe humaine devant une boîte de nuit dans la ville, justement, post-sioniste !  Dans la ville dont les habitants sont prêts à, d’autant plus disposés même à voir un Etat palestinien se créer qu’ils veulent tourner la page.  Hé bien, c’est dans cette ville, c’est au cœur de cette ville que certains Palestiniens portent la guerre.  Quelques jours plus tard, la BBC nous sort un documentaire sur le général Sharon élégamment intitulé « L’accusé ».  C’est lui qui est responsable du crime atroce de Sabra et Chatila, et tout se passe comme si la seule solution du problème israélo-palestinien aujourd’hui, c’était de traduire devant un tribunal le leader qu’Israël s’est choisi en désespoir de cause.  Il y a là quelque chose, si vous voulez, qui passe l’entendement.

 

ELECTION D’ARIEL SHARON

Embrera on n’a pas le choix. C’est la formule de base de l’histore d’Israël. En février 2001 sur les ruines de la paix ensanglantée par la reprise de l’intifada, les Israliens élisent en masse Ariel Sharon. Le rêve de RABIN, PERES et BARAK a explosé avec les bombes du Hamas.

 

01 06 53 ALAIN FINKIELKRAUT:

Il reste deux catégories d’Israéliens : ceux que cette tragédie plonge dans la détresse, ceux qu’elle met dans l’euphorie.  Ces derniers en effet arborent une sorte de grand sourire victorieux, le sourire du « on vous l’avait bien dit ! »  Je suis dans le camp de la tristesse, et je reste l’adversaire farouche du camp de l’euphorie. Il reste un clivage. Il n’y a plus, si vous voulez, aujourd’hui, les Israéliens ont un peu le sentiment qu’il n’y a plus de choix. Ils reviennent au «  EMBRERA » : il n’y a pas le choix, puisqu’il n’y a plus de partenaires.

 

 


 

CE QUI S’EST JOUE A CAMP DAVID

 

 
DEPART DE BARAK POUR CAMP DAVID

Commentaire off :

L’été 2000, le Premier Ministre d’Israël Ehud Barak part à Camp David en ayant promis la paix aux Israéliens.  Il veut la faire comme il faisait la guerre : rapidement, efficacement.

 

EXT JOUR LONDRES

PHOTOS D’AGENCE

Commentaire off :

James Rubin fut le porte-parole de Madeleine Albright et conseiller au Département d’Etat. Il a participé à toute la préparation de Camp David. Il est aujourd’hui avocat à Londres.

 

JAMES RUBIN :

What was new was a full fledged sharing of Jerusalem, a return of Arab and Armenian neighborhoods to Palestinian control, what was new was virtually a 100% return of the West Bank, if you take into account the 95, 96% he was offering and then the swaps of existing territory in the Sinai for Palestinian territory. So the idea that the Palestinians would get at least in gross numbers, nominally, all of the territory lost in the ’67 war, was beyond what people could have expected.

 

 

 

 

FREDERIQUE ENCEL

L’Etat d’Israël, dans ses frontières internationalement reconnues, c’est deux gros départements français. Ce qu’on appelle la taille de guêpe, c’est-à-dire sur la plus petite largeur d’Israël entre la mer et Tulkarem qui est la première ville autonome palestinienne, il y a moins de 14 kilomètres. C’est-à-dire, six fois les Champs-Élysées. La vieille ville de Jérusalem, c’est 1 kilomètre carré, c’est-à-dire la place de la Concorde, incluant les bâtiments, alors le Crillon, l’Assemblée Nationale, par exemple ; incluant les bâtiments qui sont attenants. Donc, on joue sur des surfaces qui sont excessivement infimes.

 

EHUD BARAK :

If you close the zoom to cover only Israel and the Palestinian it seems that Israel is, are the upper end and Palestinians are the underdog, we are reigning over them, and so on, they are so poor. But if you open the zoom and look over Middle East, you realise that Israel is the isolated entity, Israel is the minority, Israel is the entity which is not accepted by its neighbours, and threatened to the very roots of its existence.

 

SCHLOMO BEN AMI:

Le cadre qui avait commencé à Camp David était fondé sur une prémisse qui disait que c’est un processus d’échange entre territoires et paix.  On donne des territoires, on reçoit la paix.  Et pendant ces négociations, on est arrivé à la conclusion que ça va plus loin, que même si Israël est disposé à donner la totalité des territoires de la Cisjordanie et de Gaza, elle ne va pas recevoir des Palestiniens la paix dans le sens le plus profond du mot, c’est-à-dire…

Le droit…

… c’est-à-dire la fin du conflit et la reconnaissance de la légitimité morale d’un Etat juif.

EXT CAMP DAVID – LA PORTE

Commentaire off :

Dans cette partie de poker, Arafat et Barak n’utilisent pas les mêmes cartes.  Arafat dispose d’un autre joker : la guerre sainte.  La Palestine est sortie de ses frontières, car Jérusalem est devenue l’emblème des passions islamiques.

 

Photos des négociations de Camp David

 

Commentaire off :

Par ailleurs, Arafat a fait du droit au retour des réfugiés palestiniens une exigence irrecevable pour Israël, car il signifierait la fin démographique de son identité.  Les attentats du Hamas et la reprise de l’Intifada torpillent les derniers espoirs.

 

 EHUD BARAK :

When we talk about, in the Israeli Left, of two states for two nations, we talk about a Palestinian state the way they will define it, living side by side with a Jewish democratic Zionist Israel. I found out that Arafat, he agreed, he accept that there is a state called Israel but he never accepted the moral right, or the historic right of the Jewish people to have its own state. In fact, I should admit further more that we found that Arafat accept the fact that there is a Jewish religion but he does not accept the fact that there is, recognise the fact that there is a Jewish people that has the right for his own homeland.

 

 

 

 

 

 

 

FREDERIQUE ENCEL

Et là, je crois qu’il faut vraiment se référer à une phrase extrêmement belle et très juste du Prince des stratèges, Napoléon Bonaparte, qui disait à propos de la paix : « la paix, c’est moins l’harmonisation des politiques, que l’harmonisation des arrières pensés ».

 

EMMANUEL HALPERIN

Yasser Arafat en 94 à Johannesburg, à la mosquée de Johannesburg, a fait un discours peu de temps après les accords d'Oslo où il expliquait : l'accord que nous avons fait avec Israël est un accord provisoire.  Les Israéliens peuvent penser qu'il s'agit d'une réconciliation, que c'est un accord à long terme.  Mais je me place moi d'un point de vue musulman, d'après le texte coranique, je vous dis j'ai le droit de le faire bien que ce soit des infidèles parce que je suis actuellement en position de faiblesse, plus tard je pourrai m'en dégager. C'est incroyable !

 

EXT JERUSALEM EST

 Commentaire off :

A Jerusalem Est, Sari Nuseibeh est le premier responsable palestinien à avoir osé briser les tabous Ce professeur de philosophie issu d’une grande famille palestinienne est depuis longtemps un partisan de la coexistence de deux Etats.

Il est le premier à avoir déclaré que l’exigence du droit au retour des Palestiniens à l’intérieur d’Israël était évidemment irrecevable par Israël, dans le cadre d’un accord de paix.

Pour avoir osé cette parole libre, Sari Nuseibeh est aujourd’hui menacé par les islamistes du Hamas

 

 

ITV SARI NUSEIBEH :

The two sides went to Camp David, they tried to reach agreement. We were not very very close, but we were I think the Palestinians and the Israelis more or less close. In other words, we were roaming in the same wood. Perhaps we were not yet seeing eye to eye with each other. But we were in the same vicinity.

 

IMAGE D’AGENCE

YASSER ARAFAT en arabe :

Al qod’s appartient non seulement aux palestiniens mais à la Palestine, au monde arabe, aux chrétiens et à la communauté musulmane dans le monde entier. Al quod’s est la capitale de l’état de Palestine ! Que celui qui l’accepte, l’accepte ! Que celui qui le refuse, le refuse ! Et celui à qui ça ne plait pas qu’il aille boire l’eau de la mer.

 

 SCHLOMO BEN AMI:

Politiquement, il n’a pas été capable d’assumer qu’on ne peut pas arriver à un accord avec une société unie.  Si on veut être un vrai leader… on doit, on doit avoir derrière toi une société qui n’est pas unie.  Si elle est unie, tu n’as pas la paix !  Il voulait maintenir la, la solidité et la cohésion interne de sa société et de sa famille politique : Hamas, Djihad et les autres et avoir un accord avec Israël, c’est impossible !  Si le Hamas est satisfait, c’est-à-dire que tu n’as pas un accord avec Israël, et si l’extrême-droite en Israël est satisfaite, c’est-à-dire que tu n’as pas un accord avec les Palestiniens, c’est très simple : on doit diviser, c’est inévitable !

 

SARI NUSEIBEH:

On the Palestinian side, there was pressure on Arafat because he felt he couldn’t get what he wanted and people were angry with that. So the two leaderships came back to find angry communities.

 

EXT. JERUSALEM

Présentation Georges Marion

Commentaires off

Pendant deux ans, Georges MARION a été le correspondant du journal le “Monde” à Jérusalem. Il a couvert les deux parties du conflit. Cet exercice de grand écart, difficile, nécessite une qualité rare, metre à distance de sa plume les passions autant que la violence.

 

GEORGES MARION:

Arafat est arrivé sans avoir dit une seule parole après Camp David, ce qui était une erreur politique, il a laissé en quelque sorte Clinton dire : l’échec est dû à Arafat, aucun de ses co-négociateurs n’a osé parler puisque le chef n’avait rien dit, il est monté dans son avion, il est arrivé à Gaza et à ce moment-là on a vu cette image terrible et fascinante d’une foule en délire l’acclamant, disant : bravo, t’as gagné parce que tu n’as rien cédé !  Autrement, dit, ils disaient : bravo, t’as gagné parce que nous avons perdu la paix.

 

SCHLOMO BEN AMI:

Je suis arrivé à la conclusion que le pauvre homme… simplement est incapable, on demande de lui des choses qu’il ne peut pas faire.  Il est là pour être une espèce de mythe, une espèce de représentation mythologique d’une volonté collective d’un peuple, et pas nécessairement quelqu’un qui doit prendre des décisions.  Il me paraît que cet homme n’a jamais vraiment pris de décision, il a, il a plutôt… fait un surfing sur la vague de la volonté du peuple, il a leaderé son peuple d’arrière, pas de devant…

BT LIBE

Commentaire

En juin 2002 dans une interwiew au journal Israélien Haaretz, Yasser Arafat à déclaré qu’il accepterait aujourd’hui les propositions que Bill Clinton avait faites à Camp David.

 

 

 


 

LA CONSTRUCTION DE L’OPINION

 

CLAUDE SERILLON

On a beau s’habituer aux images de violence, la mort d’un gamin dans les bras de son père fait naître encore l’indignation et l’émotion.

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

C’était insoutenable pour tout le monde, ils étaient pris entre deux feux, le père et l’enfant.  Ils hurlaient, et donc je ne crois pas que l’on doive se soustraire à l’émotion de cette image.

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

Toute image est cadrage, toute image est choix, j’ai cru, quand je l’ai vue et revue en boucle à la télévision, au fond, que l’armée israélienne… voyait ce que voyait le photographe.

 

Commentaire off :

Au carrefour de Netzarim, voici ce que les soldats israéliens voyaient depuis leur poste de garde.  Personne ne peut dire avec certitude quelles balles ont tué Mohamed Al Dura. Rien ne prouve aujourd’hui que le père et l’enfant aient été la cible choisie des soldats israéliens  Ce qui est certain par contre, c’est que le poste de tir israélien n’était pas dans l’axe de la caméra qui a filmé cette mort. Sur cette image, on peut voir les différentes positions de tirs des Palestiniens, des Israéliens. Le père et l’enfant se trouvent à l’évidence pris entre deux feux. Cette explication ne dissipe en rien la tragédie de la mort d’un enfant de douze ans. En revanche, l’idée d’un meurtre délibéré telle que les images et les commentaires l’ont induit relève de la manipulation.

 

ALAIN FINKIELKRAUT:

La question, évidemment, est de savoir quel usage on en fait, et a-t-on le droit d’en faire usage ?  J’ai été horrifié, moins tant peut-être par les commentaires en France, même s’il y a eu des emballements lyriques, que par l’hystérie généralisée provoquée par cette image dans le monde arabe.

 

CLIP TV PALESTINIENNE

Commentaire off :

Cette mort et cette image sont exploités par l’Autorité Palestinienne pour présenter les soldats israéliens comme des barbares assassins d’enfants.

Commentaire off :

Ce montage de la télévision palestinienne présente l’incrustation d’une autre image induisant que le soldat qui vise et tire est l’assassin de Mohamed.

 

REPORTAGE FR2

Ses camarades de classe doivent maintenant apprendre à faire eux aussi leur deuil.

Maintenant, vous allez assister à la scène de Netzarim au cours de laquelle votre camarade a été tué.

A l’école, on enseigne l’horreur de l’ogre Israël

Quand je l’ai vu à la télé, j’ai été jeter des pierres. Je demande à tous les Arabes de faire comme le Hezbollah.

 

 

ALAIN FINKIELKRAUT :

« Voilà, c’est le vrai visage d’Israël, nous le savons, c’est cela qu’ils font. »  Et là, je me suis dit : non, c’est pas possible, c’est pas possible…  Il y a une grande maladie arabe que personne ne veut voir : il y a là vraiment, l’antisionisme dans les pays arabes fonctionne exactement comme l’antisémitisme en Russie au dix-neuvième siècle.  On détourne le mécontentement des masses sur les Juifs. C’est d’une clarté aveuglante !

 

Commentaire off :

L’image de la mort de Mohamed Al Doura devient l’image symbole du malheur palestinien. En Occident, cette scène va nourrir des commentaires dont l’outrance incite à penser que ce qui est en jeu n’est pas le sort du peuple palestinien mais plutôt le passé des Européens.

 

PHOTO DU PETIT GARçON DANS LE GHETTO DE VARSOVIE

 Question off:

Une éditorialiste d’Europe 1, Catherine NAY, a commenté la photo de la mort du petit Mohamed Al Doura. Elle serait d’un poids symbolique telle qu’elle effacerait la fameuse photo du petit Juif dans le ghetto de Varsovie.  Le regard de cette éditorialiste, comment vous le percevez ?

 

DENIS CHARBIT:

Il est tellement difficile, finalement, d’être un Occidental par rapport à ce qui s’est passé en 39-45 que, quelque part, je dirais on jubilerait peut-être.  J’emploie quand même le conditionnel, hein, mais on jubilerait peut-être à voir le Juif endosser le mauvais rôle.  Quelque part, c’est une manière de… ben, se sentir un peu plus à l’aise par rapport à ce passé qui ne passe pas.

ITV ILAN GREILSAMER :

Il est extrêmement difficile, pour énormément de gens en Occident, d’accepter cette idée d’un Etat juif, d’une société juive, d’une nation juive, il y a quelque chose qui va très au-delà de la critique politique.

 

IMAGES D’AGENCE DE SARRAMAGO

Commentaire off :

La charge de la Shoah pèse lourd dans le rapport à Israël. Le passé de l’Europe pèse lourd dans le rapport au juif.

José Saramago, écrivain portugais, prix Nobel de littérature en visite organisée à Ramallah, n’hésite pas à comparer le sort de la ville palestinienne à celui des Juifs à Auschwitz. 

 

JOSE SARAMAGO :

Si je parle d’Auschwitz, ce n’est pas pour dire qu’il y a chambre à gaz, qu’il y a… non, c’est l’esprit !

 

Si Ramallah c’est Auschwitz, alors Israël est le nouvel Etat nazi.  N’est-il pas légitime d’utiliser tous les moyens pour le détruire ?

 

MANIF PALESTINE

Comment expliquer ces discours récurrents, convergents, obsessionnels, voulant à tout prix mettre un signe « égal »  entre Israël et le nazisme, entre l’Etoile juive et la croix gammée.

 

 

 

JT France 2 Juillet 82

20 ans plus tôt, un présentateur de télévision disait la même chose avec d’autres mots. Ces grandes régularités de langage répètent une seule et même chose  : Israël est coupable par nature.

 

BERNARD LANGLOIS:

C’est un nettoyage complet, systématique, des palestiniens réfugiés au Liban que se livrent les soldats israéliens. Une sorte de solution finale,  « solution finale » (répété 3 fois)…

 

ALAIN FINKIELKRAUT :

Et ce n’est pas pour ça qu’il s’est fait évincer de la télévision, c’est plus tard, pour avoir parlé à la légère de la mort de Grace Kelly !  Je dois constater que la réprobation d’Israël continue à accaparer le discours critique.

 

BANC-TITRE

 Commentaire off :

Cette Shoah qui ne passe pas, écrit Françoise GIROUD dans le « Monde ». Que se passe-t-il aujourd’hui, l’occasion de transformer la figure du juif martyr en bourreau.

Comment penser cette présence obsessionnelle du signe juif dans l’Histoire européenne de l’après-guerre ?

Comment ne pas voir ces discours convergents d’extrême-droite ou d’ultra-gauche pour nier la réalité de la Shoah ou pour prétendre en dévoiler l’usage ? Dans l’imaginaire politique européen, c’est en 1967 que bascule le statut du Juif et d’Israël. Le peuple des victimes serait devenu « sûr de lui et dominateur ».

 

LES IMAGES

 
BANC-TITRE PARIS MATCH

Commentaire off :

Les premières images du début de l’Intifada pas encore nommée Al Aksa montrent un face-à-face sanglant entre des gamins et des robocops surarmés.

Question off :

« La guerre qui tue les enfants ». Ce titre dit-il toute la réalité ?

 

ALAIN GENESTAR:

« La guerre qui tue les enfants » parce que c’était générique d’une guerre qui venait d’arriver, qui était épouvantable, qui était terrible, avec un bilan d’enfants morts qui était impressionnant.  Donc il fallait faire cette couverture, il fallait marquer cette guerre comme ça.:

Mais cela dit, que montrent nos images ?  Les images de Thierry Esch, trois semaines après cette couverture ?  Des images formidables, c’est sur une sorte de plage, et on voit des enfants qui jouent et qui montent vers les soldats israéliens, elle disent la vérité, ces images, elle disent qu’effectivement, oui, ce sont des enfants qui sont en première ligne.

 

EMISSION « ARRET SUR IMAGES »

 

LAURENT ABADJIAN

Ce sont des jeunes Palestiniens qui lancent des pierres et qui reçoivent des balles en caoutchouc, des balles… quand on est photographe, quand on a un choix à faire entre les deux camps, on va plutôt aller du camp de ceux qui risquent d’être plus spectaculairement touchés…

 

ALAIN REMOND 

Ça, je ne voulais rien dire, vous avez vous-même employé le mot, c’était intéressant, je ne sais plus exactement, mais « spectaculairement »… c’est vrai qu’évidemment, vous faites de la photo, donc de l’image, donc… mais il y a aussi cet aspect : c’est plus spectaculaire, et c’est donc, la photo sera plus forte si vous êtes du côté des…