Retraites: Défilé géant "pour une autre réforme" dimanche à Paris
PARIS (AP) - Manifestation d'une ampleur exceptionnelle attendue dimanche à Paris. Plusieurs centaines de milliers de personnes venues de toute la France s'apprêtent à battre le pavé de la capitale à la mi-journée -à l'appel notamment de la CGT, de FO, de l'UNSA et de la FSU- pour exiger "une autre réforme" des retraites que celle actuellement proposée par le gouvernement.
Les organisateurs de la manifestation soulignent en effet qu'ils ne sont pas opposés à une réforme des retraites mais qu'ils ne veulent pas "de celle là". Ils affirment notamment que l'effort demandé repose à plus de 90% sur les salariés et qu'il serait possible de préserver les retraites sans allongement de la durée de cotisations, en mettant à contribution "les entreprises et les revenus du capital".
Dimanche, les syndicats attendent au moins entre 400.000 et 500.000 participants, selon la FSU, pour ce défilé entre la place de la Nation et la place d'Italie également organisé par le "Groupe des Dix-Solidaires" qui regroupe, entre autres, l'ensemble des syndicats "Sud".
Et malgré l'accord passé entre la direction de leurs deux confédérations respectives et le gouvernement sur le projet de réforme, la fédération-CGC de la Fonction publique ainsi que plusieurs fédérations de la CFDT appellent à se joindre à la manifestation.
Côté politique, outre Les Verts, le Parti communiste français, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), et Lutte ouvrière (LO) qui seront présents, cette journée marquera le "grand retour" du Parti socialiste sur le front social. Celui-ci a en effet appelé à participer "massivement" à cette manifestation.
Une trentaine de trains spéciaux et un millier de cars ont été réservés dans toute la France pour permettre aux manifestants de rejoindre Paris, sans compter les initiatives individuelles et les protestataires venant de la capitale et de sa banlieue.
L'affluence attendue est d'ailleurs telle que la préfecture de police a prévu trois itinéraires différents -sur une bonne quinzaine de kilomètres au total- pour rallier les deux places afin d'éviter tout engorgement, bousculade ou compression de foule.
Le principal cortège, où se trouvera le "carré de tête" avec les secrétaires généraux des organisations ayant appelé à manifester -Marc Blondel pour FO, Bernard Thibault pour la CGT, ou encore Gérard Aschiéri pour la FSU- partira de la place de la Nation à midi puis empruntera le boulevard Diderot, le pont d'Austerlitz, les boulevards de l'Hôpital et Saint-Marcel, puis l'avenue des Gobelins jusqu'à la place d'Italie.
"Offensifs, déterminés, solidaires pour l'avenir de nos retraites" pourra-t-on lire sur la banderole de tête.
Si besoin, deux autres cortèges pourront se former, l'un via les boulevard de Picpus, de Reuilly, de Bercy et Vincent Auriol jusqu'à la place d'Italie, l'autre en passant par la place de la Bastille, le boulevard Henri-IV, les rues des Fossées-Saint-Bernard, du Cardinal Lemoine, Monge, puis l'avenue des Gobelins pour finir également place d'Italie.
La dernière fois que la préfecture de police avait mis en place un tel dispositif remonte au 1er mai 2002 lorsque plus de 500.000 personnes avaient défilé entre la place de la République et celle de la Nation entre les deux tours des élections présidentielles pour dénoncer la présence au second tour du président du Front national Jean-Marie Le Pen.
Outre le parcours principal, la préfecture avait ouvert d'abord deux, puis un troisième itinéraire supplémentaire pour permettre le passage de la foule sans incidents.
Dimanche, la dispersion n'est pas attendue avant la soirée. Ce défilé qui s'annonce monstre a pour objectif de contraindre le gouvernement à rouvrir des négociations sur la réforme des retraites, ce qu'a exclu, une fois de plus vendredi, le ministre des Affaires sociales François Fillon.
Il a ainsi affirmé lors d'une conférence de presse qu'"on ne peut pas ouvrir en permanence la discussion avec les partenaires sociaux", et assuré que la mobilisation n'enlèvera rien à la détermination du gouvernement à aller "jusqu'au bout" de la réforme des retraites.
Dans le même temps, également vendredi, la CGT, FO, l'UNSA, et la FSU ont demandé au gouvernement de reporter la présentation du projet au conseil des ministres prévu mercredi prochain, réitérant leur exigence de "véritables négociations".
Si cette demande n'était pas satisfaite d'ici mercredi, les quatre syndicats menacent d'amplifier les mouvements de grèves et de manifestations qui ont lieu depuis le début du mois de mai partout en France.
La contestation sociale va d'ailleurs se poursuivre la semaine prochaine avec, mardi, une nouvelle journée de mobilisation dans l'Education nationale, et des mouvements de grève dans les Finances, à France Telecom, La Poste, ou encore à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) avec un arrêt de travail de 24h des aiguilleurs du ciel qui pourrait bloquer 80% du trafic aérien.
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samedi 24 mai 2003, 21h40Manifestation nationale à Paris dimanche pour le retrait du plan Fillon
PARIS (AFP) - Des centaines des milliers de personnes sont attendues à Paris dimanche pour demander le retrait du plan Fillon de réforme des retraites, une manifestation qui sera l'occasion, pour les organisateurs, de mettre en évidence la solidarité entre les agents du public et du privé.
A trois jours de l'adoption prévue mercredi en Conseil des ministres du projet Fillon de réforme des retraites, la CGT, FO la FSU et l'Unsa appellent à manifester pour obtenir son retrait, et l'ouverture de nouvelles négociations."La mobilisation très importante d'aujourd'hui (dimanche) doit conduire [le gouvernement] à réfléchir une nouvelle fois, avant de prendre sa décision au Conseil des ministres", déclare le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, dans une interview au Journal du dimanche.
Samedi, les syndicats, tablaient sur des centaines de milliers de personnes, tandis que les Renseignements généraux prévoient un des plus importants cortèges de ces dernières années à Paris.Selon les syndicats, au moins 80.000 personnes devraient faire le déplacement depuis la province, selon un compte partiel des réservations.
"Cela a l'air d'être une réussite. Dans certains départements, il n'y a plus aucun bus disponible", a indiqué à l'AFP le responsable retraite FO, Bernard Devy.
Faute de places suffisantes dans les trains et les cars, d'autres manifestations devraient donc être organisées en province, notamment à Marseille, ville phare de la mobilisation, à Tours, ou Nantes. Samedi, 2.500 personnes ont manifesté à Toulouse.
A Paris, la préfecture de police a arrêté trois itinéraires, afin de désengorger la place de la Nation, point de départ de la manifestation à 12H00.
Les trois itinéraires rejoindront la place d'Italie, l'un - le premier prévu - en passant par le pont d'Austerlitz, le deuxième par le pont de Bercy et le troisième le pont de Sully.
Les syndicats ont à coeur de montrer que la manifestation se veut interprofessionnelle public-privé. "Il y aura des fonctionnaires, mais aussi des métallos, des gens du secteur tertiaire, de l'automobile... bref des gens du privé qui n'ont pu se déplacer à la manif du (mardi) 13 mai", a souligné la CGT, qui avait choisi un dimanche notamment pour favoriser la présence du privé.
Les enseignants, opposés au plan Fillon et au projet de décentralisation, devraient aussi être présents en force.
Plusieurs unions ou fédérations professionnelles de la CFDT, qui continuent de montrer leur hostilité à la ligne Chérèque, devraient aussi manifester, ainsi que certaines organisations de la CFTC, comme la CFTC-Cheminots, qui a appelé à la grève comme les 6 autres fédérations de cheminots.
La journée sera également marquée par une contre-manifestation à Paris, à l'appel de deux associations évoluant dans la mouvance libérale, qui attendent "plusieurs milliers de personnes" lors d'un rassemblement place de l'Hôtel de ville à 16H00.
Vendredi, le ministre du Travail a opposé une fin de non-recevoir à la demande des syndicats de réouverture des discussions.
Lancé depuis plusieurs jours dans une campagne d'explication de la réforme, M. Fillon revient à la charge avec une tribune publiée dans le Journal du dimanche, adressée "aux Français qui doutent" et dans laquelle il argumente, point par point, une réforme qu'il trouve "équilibrée", "progressive" et "fondée sur un effort partagé".
Il interviendra dimanche soir au journal télévisé de 20H00 sur TF1.
Samedi, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, qui a approuvé le plan Fillon a affirmé que "retirer le texte serait la pire des choses".