Retraites: manifestations de grande ampleur, pas de blocage des transports
PARIS (d'après AFP) - Les adversaires du projet Fillon sur les retraites, enseignants en tête, ont poursuivi la mobilisation mardi avec à nouveau d'importants défilés dans toute la France, mais pas de blocage des transports, dans un mouvement de protestation que les syndicats veulent installer dans la durée.
Des centaines de milliers des personnes ont défilé dans toute la France, pour cette cinquième journée d'action interprofessionnelle.La manifestation parisienne a réuni 250.000 personnes, dont une très large majorité d'enseignants et de fonctionnaires. Quelque 240.000 personnes ont manifesté à Marseille, 60.000 à Bordeaux et 50.000 à Lyon.
(...)Les enseignants, qui en étaient à leur dixième journée nationale de grève, sont restés en tête du mouvement, malgré les tentatives du gouvernement d'apaiser la grogne dans l'Education nationale. La grève a été suivie par 22,30% à 47,80% des personnels concernés, selon le ministère de l'Education, des chiffres proches de ceux de la dernière grève du 27 mai.
L'intersyndicale FSU, Unsa, CGT, CFDT, FAEN a déjà appelé à la poursuite du mouvement mardi prochain, jour de la séance plénière gouvernement-syndicats sur la décentralisation. Le gouvernement apportera à cette occasion "une série de réponses sur la décentralisation aux partenaires sociaux", a annoncé mardi le ministre de l'Education nationale Luc Ferry.
"Tout est négociable" sur la décentralisation, a souligné le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, nouvellement en charge du dossier.
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D'importantes perturbations ont été enregistrées dans les transports urbains de province: seuls 5% des bus ont par exemple circulé à Bordeaux, 13% à Marseille et le trafic a été nul à Lille.
Environ 80% des vols ont été annulés au départ et à l'arrivée des aéroports français, en raison d'un mouvement de grève jusqu'à jeudi à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Les syndicats organisateurs de cette journée (CGT, FO, FSU, Unsa), qui devaient se réunir mardi en fin d'après-midi, ont unanimement fait part de leur volonté d'installer le mouvement dans la durée.
"C'est le moment de maintenir la pression. On a un pied dans la porte, maintenant il faut pousser la porte", a estimé Gérard Aschieri (FSU).
"On avance vers les congés (estivaux), c'est donc maintenant qu'il faut accélérer le mouvement parce que dans 15 jours, il sera trop tard", a renchéri Marc Blondel (FO).
Le ministre des Affaires sociales François Fillon leur a aussitôt opposé une nouvelle fin de non-recevoir, écartant à l'Assemblée nationale tout "retrait", "report" ou "réécriture" du projet.