lundi 19 mai 2003, 19h31

Très forte mobilisation des fonctionnaires, enseignants en tête

PARIS (AFP) - Les fonctionnaires, enseignants en tête, ont réussi lundi une nouvelle démonstration de force, des centaines de milliers ayant battu le pavé, à Paris et dans plusieurs villes de province, pour affirmer leur détermination à "défendre et améliorer les retraites, pensions et services publics".

A l'appel des syndicats CGT, FO, Unsa, FSU, CFTC et CFE-CGC, les fonctionnaires ont répondu massivement présents, dépassant la barre des 805.000 manifestants, selon un décompte syndical partiel, dans 70 villes, et celle des 434.600, selon des sources policières.

Une mobilisation inférieure à celle du 13 mai, interprofessionnelle celle-là (entre 1 et 2 millions de manifestants), mais supérieure à celle du 3 avril, également interprofessionnelle, qui avait rassemblé 320.000 manifestants, selon la police et 580.000, selon les organisateurs.

Lundi, Paris et Marseille ont fait "manifestation égale" dans une ambiance festive avec 100.000 manifestants chacune selon les syndicats (respectivement 38.000 et 25.000 selon la police), sur un même thème: "retraites, décentralisation (dans l'Education nationale), budget".

Ils étaient notamment 20.000 (police) ou 55.000 (organisateurs) à Toulouse, 10.000 ou 35.000 à Clermont-Ferrand, 10.000/30.000 à Toulon, 10.000/15.000 à Nantes et autant à Saint-Nazaire, 9.000/15.000 à Nice, 8.000/15.000 en Avignon, 10.000 à Rennes.

Les pancartes était parfois sarcastiques, notamment à l'encontre des ministres: "Fillon mon coco, ta retraite c'est pour bientôt", "Luc, tu reprendras bien ton ferry pour que l'éducation reste nationale".

Un slogan venait souvent des syndicats enseignants et notamment de Sud-Education: "retrait du plan Fillon, grève générale!" ou "aujourd'hui dans la rue, demain on continue".

Lundi soir, l'intersyndicale des personnels de l'Education nationale (FSU, Unsa, CGT, CFDT, FAEN) a appelé à une nouvelle journée nationale de mobilisation pour le jeudi 22 mai.

Dans les ministères, 34,55% des personnels, soit 435.081 personnes, ont suivi la grève, selon un décompte du ministère de la Fonction publique.

Dans le secteur hospitalier, la mobilisation a touché à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) 25,37% de personnes (personnel requis et grévistes, avec un taux de 12,08% pour ces derniers).

L'intersyndicale des personnels de l'Education nationale (FSU, Unsa, CGT, CFDT, FAEN) a appelé lundi à une nouvelle journée nationale de mobilisation jeudi et l'Union interfédérale FO des agents de la fonction publique (UIAFP) "à poursuivre l'action dès demain".

Les prises de position syndicales "pour ou contre" le projet de réforme Fillon se sont multipliées au cours de cette journée.

Lors du Conseil supérieur de la Fonction publique de l'Etat, les fédérations CGT, FO, FSU et UNSA ont voté contre le projet de réforme Fillon sur les retraites. La CFDT a émis un "avis favorable", la CFTC et la CFE-CGC s'abstenant.

Lors du Conseil supérieur de la Fonction publique hospitalière, Les fédérations santé CGT, FO, Unsa, CFTC, Sud et SNCH (cadres) ont voté contre le projet de réforme Fillon sur les retraites, la CFDT pour, la CFE-CGC s'est abstenue.

Dans l'après-midi, la CFTC a décidé à l'unanimité de refuser son soutien au relevé de conclusions présenté jeudi par le gouvernement sur les retraites. A la majorité, elle décidé en outre de ne pas participer à la manifestation nationale public-privé à Paris le dimanche 25 mai organisée par la CGT, la FSU, l'Unsa, FO.

Jacques Voisin a expliqué à l'AFP : "nous l'avons dit la semaine dernière, le compte n'y est pas".

Les syndicats, opposés à la réforme prévue de l'enseignement supérieur et au projet de loi développant l'autonomie des universités, dans le cadre de la décentralisation, ont "claqué la porte" lundi du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser).