La
presse française nous présente la crise des caricatures de Mahomet comme
l'opposition entre la civilisation occidentale attachée à la liberté
d'expression et une civilisation musulmane qui défendrait le respect absolu du
sacré. Des deux côtés il convient de nuancer fortement cette présentation.
- Du côté occidental la liberté d'expression est une conception à géométrie
variable. Dès qu'il s'agit de critiquer l'islam celle-ci semble
subitement très relative. Ainsi le président Jacques Chirac, recevant
le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a affirmé que la liberté
d'expression était l'un "des fondamentaux de la République" mais
appelé "au plus grand esprit de responsabilité, de respect et de mesure
pour éviter tout ce qui peut blesser les convictions d'autrui". Le hic
c'est que l'on a pas entendu notre président lorsque le pape Benoît XVI fut présenté
comme un pape nazi du fait de ses origines provoquant l'émoi des chrétiens.
De la même façon nous pouvons observer l'absence de toute solidarité
journalistique au niveau européen envers les journalistes scandinaves. Aucune
solidarité envers le directeur de France-Soir licencié pour avoir fait son métier
en publiant les caricatures. Ce premier acte de censure islamique dans
notre pays ne provoque aucun tollé de la part des journalistes. A
croire qu'ils viennent subitement d'oublier leurs idéaux sur la liberté de la
presse qu'ils ne manquent jamais d'évoquer tout au long de l'année.
Et que dire de nos artistes, de nos intellectuels qui ne manquent jamais une
occasion de bouffer du curé sur les plateaux de télévision, chez Ardisson,
Fogiel ou Karl Zéro. Rebelles face au christiannisme ils tremblent de peur
devant l'islam. Fermons les yeux et imaginons quelques secondes ce que ces
"rebelles" proclameraient si d'aventure ces millions de fanatiques qui
brûlent des drapeaux, boycottent des entreprises, brûlent des représentations
diplomatiques, menacent de mort des journalistes ou de simples citoyens étaient...
des CHRETIENS ! Que d'invectives, que d'insultes, que de rappels aux principes
fondamentaux de la liberté d'expression et soudainement QUE DE COURAGE
!!!
Car en Occident la liberté d'expression à géométrie variable va de pair avec
le courage à géométrie variable. L'un comme l'autre sont pourtant
indivisibles. A vouloir l'oublier on va droit à la catastrophe.
- Du côté de la civilisation musulmane l'hypocrisie n'est pas moindre. Si
il existe en effet un respect absolu du sacré, celui-ci est à sens unique.
Exclusivement en faveur de la religion de Mahomet. Car en ce qui concerne le
respect des libertés religieuses en terre d'islam il est quasiment nul. En
Arabie-Saoudite les chrétiens ne peuvent pas exercer leur culte, détenir une
simple bible est un pêché sévèrement puni et bien entendu il est
inimaginable d'évoquer la construction de la moindre église. Dans les
territoires palestiniens le Hamas envisage d'imposer un impôt spécial pour les
chrétiens et des persécutions diverses provoquent un exode massif des chrétiens
palestiniens. En Indonésie la minorité chrétienne fait l'objet d'attaques répétées,
notamment dans l'archipel des Moluques, provoquant la mort de plusieurs milliers
de chrétiens. Au Nigéria les Etats du nord ont imposé la charia qu'ils
tentent d'imposer également aux population non musulmanes. Au Soudan c'est d'un
génocide qu'il s'agit. Le gouvernement islamique au pouvoir à Khartoum étant
responsable de la mort de plus d'un million de chrétiens et d'animistes. Au
Pakistan les minorités chrétiennes sont régulièrement victimes de violences
lorsqu'on ne les chassent pas de leurs maisons pour y reloger des victimes
musulmanes du tremblement de terre au Cachemire. En Egypte la minorité copte
est régulièrement la cible de la majorité musulmane et sa situation est de
plus en plus précaire etc..., etc... Un peu partout dans le monde musulman,
nous aurions pu citer également l'Irak, la Turquie, l'Algérie, l'Iran, le
Bangladesh, il est extrêmement difficile et dangereux de vivre une
religion différente de celle d'Allah.
Et bien entendu là encore nous acceptons de l'islam ce que nous jugerions
inadmissible de la part d'une autre religion. Ces comportements fascistes ne
provoquant que des réactions gênées et le fameux cri des lâches et autres
idiots-utiles de l'islam : "Pas d'amalgame".
Il y a une limite à tout, y compris à la politique de l'autruche. Il serait
temps de s'en rendre compte avant qu'il ne soit trop tard.