l'hommage républicain à Descartes
 

 
Le 9 Vendémiaire An II, la Jeunesse de Lahaye-Descartes, dirigée par le Maire et l'Adjoint, s'occupera à parer de festons et de guirlandes de chêne la maison où naquit René Descartes.

Au-dessus de la porte principale sera remarquée une couronne de laurier.

Au coucher du soleil, il sera tiré sept coups de canon.
Au lever de l'aurore du 10, sept coups de canon annonceront la fête.
Depuis sept heures jusqu'à midi le canon sera tiré, en augmentant par progression d'un à six coups et d'heure en heure.
À sept heures formation de la Garde Nationale.
À huit heures les tambours parcoureront la ville, une musique guerrière (La Marseillaise) se fera entendre sur les places.
À 9 heures, le Corps municipal, auquel se réuniront les autres Fonctionnaires publics. nommeront une députation pour se rendre auprès du Général-Préfet.
À dix heures réunion de tout le Cortège à la Maison-Commune: l'ordre qu'il doit suivre dans sa marche lui sera indiqué.
Le Cortège sera formé du citoyen Demarçay; de madame son épouse, arrière-petite-nièce de René Descartes; de leurs enfans et petits-enfans (sic) ; du Sous-Préfet; du Tribunal civil; des Inspecteurs, soit des Domaines, soit des Eaux-et-Forêts de l'arrondissement; des Maires du Canton de Lahaye-Descartes; du Juge-de-Paix, et des autres Fonctionnaires publics étrangers, qui doivent y arriver.

À onze heures la marche s'ouvre dans l'ordre indiqué.
Le Buste du Grand homme, porté sur un brancard, par les vieillards du lieu, précédés et suivis par un groupe d'enfans (sic), s'avancera au milieu du Cortège, vers la chambre qui l'a vu naître.
À la station qui aura lieu près de l'autel de la patrie, où se trouvera placé un chœur de musiciens, des discours et quelques hymnes seront prononcés et chantés, pour rendre hommage au Philosophe.
Le Cortège se dirige enfin, dans le même ordre, vers la chambre où il naquit; le Général-Préfet y place le buste sur le piédestal qui lui est destiné. La Garde Nationale, en activité de service, tire de son sein quelques factionnaires, qui, d'heure en heure remplacés, font, tour à tour, la police sur ce lieu même. Jusqu'à cinq heures du soir, l'entrée de la chambre où naquit René Descartes sera libre.
Le Cortège, en gardant son organisation, reconduit le Général-Préfet.

À une heure après midi, les canonniers recommencent leur service. Jusqu'à sept heures le nombre des heures fixe le nombre des coups qu'ils ont à tirer.

À cinq heures, une société philanthropique voulant honorer Descartes dans la ville qui porte son nom, s'y trouvera réunie pour jouer la pièce intitulée René Descartes, (pièce en 2 actes du cit. Bouilly de Tours).
Dans les entre-actes, il y aura des morceaux de simphonie (sic), exécutés par une autre Société d'amateurs.

Trois coups de canon annonceront une nouvelle réunion du Cortège près l'autel de la Patrie. On se mettra en marche vers le lieu où sera préparé le Feu de joie. Il sera allumé par l'arrière-petite-nièce de DESCARTES et par le Général-Préfet. Un feu d'artifice succédera.

À l'approche de la nuit, les Citoyens de Lahaye-Descartes illumineront leurs maisons. Celle où naquit Descartes sera décorée d'un Arc-de-Triomphe. La Fête sera terminée à dix heures par un Bal public.

Les Fonctionnaires publics de l'Arrondissement regarderont comme une invitation l'envoi qui leur sera fait de ce Programme.

À Tours ; de l'Imprimerie de la Préfecture ; chez Mame et Pescherard, rue Montfumier n° 2.