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Une majorité de
Français défiants (Les Echos, 7 février 2006)
Pour 60 % des personnes
sondées pour le baromètre mensuel BVA pour BFM, « Les Echos
» et Akerys, le CPE entraînera plus de précarité pour les
jeunes.
Le contrat première
embauche (CPE) inquiète et la cote de popularité de la
politique économique du gouvernement s'en ressent. Telles sont
les principales conclusions du baromètre mensuel BVA pour BFM,
« Les Echos » et Akerys (1). Dominique de Villepin, qui a
consacré beaucoup d'énergie ces derniers jours à défendre le
CPE, le qualifiant de « contrat antiprécarité », n'a,
à en croire notre sondage, pas convaincu : 60 % des personnes
interrogées jugent qu'avec ce contrat il y aura « plus de
jeunes en situation précaire ». Chez les 15-24 ans,
directement concernés, la proportion est encore plus importante
: 64 %. Cette défiance est partagée majoritairement par toutes
les catégories socio-démographiques, à l'exception des
personnes âgées et des sympathisants de droite (dont 59 %
estiment qu'il réduira la précarité). Même chez les
personnes appartenant à des catégories favorisées, l'accueil
est mitigé : une petite moitié des cadres supérieurs (49 %)
assimile le CPE à plus de précarité (contre 44 % qui pensent
le contraire) et même les petits patrons se partagent quasi équitablement
(48 % contre 47 %) entre ces deux opinions. « Dominique de
Villepin a continué de braquer les catégories populaires sans
parvenir à séduire réellement celles qui auraient pu soutenir
le CPE. Cela a une incidence directe sur la perception de sa
politique économique », analyse Gaël Sliman, directeur
adjoint de BVA Opinion.
Désir d'intervention publique
Avec seulement 30 % de
bonnes opinions, la politique économique du gouvernement reste
très impopulaire, malgré les bons chiffres du chômage. «
La nouveauté est qu'elle est réprouvée à présent presque
autant par les plus riches que par les plus pauvres », note
Gaël Sliman. Comme le mois dernier, les employés, les ouvriers
(71 %) et les plus modestes (70 %) sont les plus critiques, mais
les bonnes opinions chutent aussi chez les petits patrons (-11
points), ainsi que chez les cadres et les plus aisés (-7
points).
De tels résultats
pourraient réjouir l'opposition, qui rêve de faire reculer le
gouvernement sur le CPE. La proportion de Français qui jugent «
justifiée » la manifestation d'aujourd'hui (67 %) est
importante, mais n'atteint pas le niveau de soutien recueilli en
octobre (72 %) par la manifestation pour l'emploi et le pouvoir
d'achat. Et tous ces résultats sont à relativiser. « Il
est fréquent d'observer des niveaux de soutien largement supérieurs
à 70 % et ces indicateurs ne présagent nullement du succès
des mobilisations », prévient Gaël Sliman.
Interrogés sur l'OPA
de Mittal Steel sur Arcelor, 50 % des Français (contre 30 %)
jugent que le gouvernement devrait « s'opposer à ce rachat
». Le désir d'intervention publique augmente lorsqu'on
soumet aux sondés des arguments pouvant la justifier. Là
encore, l'objectif social l'emporte : 84 % des sondés
jugeraient une intervention légitime « pour que les droits
des salariés d'Arcelor soient garantis », 82 % « pour
qu'aucun des salariés français ne soit licencié ». Ils
sont encore 81 % à vouloir que « les lois et usages en matière
de rachat d'entreprise soient respectés ». Les Français
se révèlent un peu moins sensibles à la thématique du «
patriotisme économique », même s'ils sont 73 % à juger
qu'une entreprise française doit être défendue contre une
entreprise étrangère.
(1) Sondage réalisé
par téléphone du 3 au 4 février 2006 auprès d'un échantillon
de 1.005 personnes, représentatif de la population âgée de 15
ans et plus (méthode des quotas).
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