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L'écrivaine
Chahdortt Djavann à la commission Stasi:
«Le port du voile doit être considéré comme un
acte de maltraitance»
Par Catherine
COROLLER
lundi 22 septembre 2003
(1) Editions Gallimard, 2003. Vendredi, Chahdortt Djavann, qui a dû porter le tchador pendant dix ans avant
de fuir l'Iran des mollahs en 1993, était venue interpeller la commission sur la
cause des mineures voilées. Pas les fillettes iraniennes ou afghanes, mais
celles qui vivent dans des pays développés. Comme ces gamines en poussette et
portant le voile que l'on rencontre au rassemblement annuel de l'Union des
organisations islamiques de France au Bourget. «Nubile». «Quand on voile une petite fille, on lui inculque la culpabilité
de sa sexualité féminine. On lui dit que ses cheveux et les formes de son corps
peuvent à tout moment faire perdre le contrôle de soi aux hommes», a plaidé
Chahdortt Djavann. Dans le même temps, et alors qu'on prétend protéger
cette enfant, on la désigne en réalité comme «nubile». «On la met sur le
marché du sexe et du mariage.» «Je demande qu'au moins dans les pays
démocratiques, le port du voile par les mineures soit sanctionné. Cela relève
des droits de l'homme, de la protection des mineurs.» «Question de droit». Du côté des membres de la commission Stasi, son
plaidoyer ne rencontre guère d'écho. «En dix ans, j'ai eu quatre cas de
fillettes voilées», relativise Hanifa Cherifi, membre de la commission
Stasi, par ailleurs médiatrice au ministère de l'Education nationale pour les
affaires de voile. «Vous posez une question de droit, fait remarquer
l'avocate Nicole Guedj à Chahdortt Djavann. En France, la maltraitance des
mineurs est un crime ou un délit. Et si vous interpellez la société française,
il faut qu'aux questions que vous posez soit apporté un commencement de
réponse.» Mais Chahdortt Djavann est écrivain, pas juriste. La mission de la commission
n'est-elle pas d'explorer les pistes qui sont proposées ? La séance est levée.
Le philosophe et écrivain Henri Pena-Ruiz tempête contre le traitement réservé à
Chahdortt Djavann. «On est là pour écouter, pas pour
réfuter.»
hahdortt Djavann avait raison
d'avoir le trac. L'audition de cette jeune Franco-Iranienne auteure de Bas
les voiles ! (1), vendredi, par la commission sur la laïcité présidée par
Bernard Stasi, a provoqué un mini-scandale. Sa demande que «le port du voile
par les mineures soit considéré comme un acte de maltraitance physique,
psychique, sociale et sexuelle» a suscité de l'agressivité, un rien de con
descendance, et guère d'intérêt parmi les membres de cette instance.