samedi 26 novembre 2005, 10h26

Le projet 2007 du PS confié à Henri Emmanuelli

LA DEFENSE (Reuters) - Henri Emmanuelli sera chargé de finaliser le projet présidentiel du Parti socialiste au sein d'une nouvelle direction où "tout le monde aura sa place", a déclaré François Hollande.

La future instance exécutive du PS sera bicéphale: une commission du projet de dix membres et un secrétariat national comptant une quarantaine de personnes, a déclaré le premier secrétaire à quelques journalistes à son arrivée à l'Espace Grande Arche, à La Défense, avant l'ouverture du conseil national du PS.

Le week-end dernier, François Hollande a réussi à fédérer tous les courants minoritaires du PS autour d'une "synthèse générale".

"Tout le monde aura sa place (...) On va se retrouver à la direction avec une esprit de partage, de responsabilité", a-t-il assuré.

"Le projet (pour 2007) est quasiment fait. Il faut le hiérarchiser, le compléter le préciser, l'évaluer (...) et organiser un débat, une consultation et ça ce sera Henri Emmanuelli qui en aura la charge", a-t-il précisé.

Compte tenu des résultats obtenus par les différents courants lors du vote des militants du PS le 9 novembre, la commission du projet comptera dix membres: six issus de la majorité "hollandaise", deux Fabiusiens et deux membres du Nouveau parti socialiste (NPS).

Il s'agit de "personnalités qui peuvent dans la dernière phase être utiles", a souligné François Hollande.

On y retrouve la plupart des "présidentiables" du PS.

Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Jack Lang, Bertrand Delanoë, Ségolène Royal et François Hollande devraient représenter le courant majoritaire.

Au titre de la "motion 2", Laurent Fabius et Claude Bartolone y siègeront et au nom du NPS, Vincent Peillon en plus d'Henri Emmanuelli, a confirmé le premier secrétaire.

L'adoption du projet devrait avoir lieu "sans doute" en mai 2006 en même temps que la désignation des candidats du PS pour les prochaines législatives, en 2007, a-t-il ajouté.

A l'origine, une convention nationale du projet devait être organisée en mars.

La désignation du candidat présidentiel du PS reste fixée à novembre 2006, selon le calendrier fixé par François Hollande et validé le week-end dernier lors du congrès du Mans.

Le futur secrétariat national, le "gouvernement" du PS, comptera également des membres des "minorités" du PS.

Claude Bartolone, bras-droit de Laurent Fabius, devrait revenir à son poste de secrétaire national à la Communication, qu'il occupait jusqu'en juin dernier, avant de se faire évincer pour cause de campagne référendaire dissidente.

Benoît Hamon, porte-parole du NPS, fera également son entrée dans l'exécutif mais pas Vincent Peillon. "Il n'a pas voulu", a dit François Hollande, au terme d'une semaine de tractations avec les courants.

L'ancienne ministre de l'Emploi, Martine Aubry, devrait être chargée des questions sociales. Kader Arif, jusqu'alors secrétaire national à la mondialisation, s'occupera des fédérations, un poste occupé jusqu'alors par François Rebsamen, bras droit de François Hollande.

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samedi 26 novembre 2005, 15h32

Les anciens tenants du "non" entrent en force dans la direction remaniée du PS

LA DEFENSE (AP) - Une semaine après avoir rallié autour de lui les "fabiusiens" et le NPS au congrès du Mans, François Hollande a dévoilé samedi lors du conseil national du PS à La Défense, près de Paris, la liste de son "gouvernement" remanié, où les ex-tenants du "non" font une entrée en force. Grand vainqueur du jour, Henri Emmanuelli pilotera le projet du parti pour les élections de 2007.

Première nouveauté, une commission de 14 membres est créée à côté de la direction pour boucler d'ici mai 2006 le projet du PS pour 2007. Elle sera certes présidée par François Hollande, mais c'est Henri Emmanuelli (NPS) qui pilotera les travaux. Si les grandes lignes du projet figurent déjà dans le texte de synthèse adopté au Mans, reste à "hiérarchiser, préciser, évaluer, compléter" les idées, a expliqué le N°1 du PS. "Une tâche majeure", selon lui.

De fait, ce ne sera pas une sinécure pour Henri Emmanuelli, qui devra gérer les "présidentiables" (Laurent Fabius, Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn ou Ségolène Royal) qui figurent tous dans la commission du projet. Avec le risque qu'à un an de la désignation du candidat du PS pour la présidentielle, chacun d'eux fasse monter les enchères pour imposer ses idées ou veille au contraire à banaliser un programme de campagne qu'il ne compte pas reprendre à son compte.

Après une semaine de pourparlers aux allures de casse-tête, François Hollande a également dévoilé la liste de son "gouvernement" remanié, le secrétariat national, qui comptera une quarantaine de membres. Les anciens tenants du "non" au référendum européen du 29 mai y font une entrée en force et représentent désormais un tiers de la direction. Un retournement de situation puisque les fabiusiens en avaient été évincés le 4 juin dernier pour avoir défendu le "non".

Si Laurent Fabius n'a pas souhaité réintégrer le secrétariat national, sept de ses fidèles y sont promus, notamment aux postes "stratégiques" formation et entreprises. Claude Bartolone retrouve son fauteuil à la communication. Autre motif de satisfaction, les troupes de l'ancien Premier ministre affirment être représentées à hauteur du score de leur motion, soit 21,2%. Elles ont toutefois dû batailler pour imposer Jean-Luc Mélenchon dans la commission du projet en réclamant une suspension de séance samedi matin.

Côté "Nouveau PS", qui était partisan du "non" mais n'avait pas fait campagne, sept membres intègrent la direction. Cofondateur du courant, Vincent Peillon n'a pas souhaité y entrer et s'occupera du projet. Dans un geste symbolique, François Hollande a accordé le poste de secrétaire national à l'Europe à Benoît Hamon, porte-parole du NPS. Un "signe très fort" qui permet à l'électorat du "non" d'avoir "à nouveau sa place rue de Solférino", a salué Henri Emmanuelli, rallié au NPS en septembre.

Seule ombre au tableau pour les jeunes "rénovateurs" du NPS, Arnaud Montebourg a signé samedi l'acte de "décès" du courant. Le week-end passé, le député de Saône-et-Loire avait fait sécession en refusant de s'allier à François Hollande parce que celui-ci refusait de reprendre son idée de VIe République. "Je constate le décès du NPS. Ses dirigeants, une partie tout au moins, l'ont trahi", a-t-il lâché dans une déclaration solennelle.

La page du congrès tournée, François Hollande, réélu par 76,96% des militants jeudi soir, a sans attendre mis le cap sur les prochaines échéances. Le but de son quatrième et dernier mandat à la tête du "collectif" socialiste: "la victoire de 2007". "Nous sommes un parti rassemblé et au travail", a-t-il conclu, les traits tirés mais visiblement requinqué par le rassemblement de ses troupes. "Je suis sûr qu'ensemble nous serons plus forts pour surmonter les épreuves et préparer les victoires".

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samedi 26 novembre 2005, 17h00

Le PS se rassemble pour la bataille présidentielle de 2007

PARIS (AFP) - Le PS a tourné la page de ses divisions sur la Constitution européenne en présentant samedi une équipe de direction marquée par le retour aux premières loges des partisans du non au référendum du 29 mai, pour préparer dans l'unité l'élection présidentielle de 2007.

Une semaine après la synthèse réalisée au congrès du Mans entre les courants Hollande, Fabius et Nouveau Parti socialiste (NPS), le premier secrétaire François Hollande a prévenu que "le temps de la confrontation avec la droite" avait sonné.

"La droite sait que, quoi qu'il arrive, nous serons unis dans les échéances qui viennent", a averti M. Hollande lors de la réunion du nouveau Conseil national.

Néanmoins, la compétition reprendra inévitablement entre présidentiables --Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn, etc.-- d'ici le choix du candidat par les militants en novembre 2006.

Le premier secrétaire a estimé que "toutes les conditions d'une défaite de la droite sont réunies". "L'échec économique et social est patent, sa division, évidente", a-t-il jugé, tandis que se manifeste "un besoin d'alternance irrépressible après dix années de chiraquisme".

Mais le numéro un socialiste, ayant à l'esprit le scepticisme des Français à l'égard de son parti qui transpire des sondages, a reconnu que "la victoire de la gauche n'est pas acquise".

Dans la composition de la nouvelle direction, des signaux puissants ont été envoyés à l'électorat du PS et de la gauche qui avait majoritairement choisi le non à la Constitution européenne.

Figure de la gauche du parti, Henri Emmanuelli (NPS), ex-premier secrétaire du PS, a désormais la responsabilité d'organiser "des états généraux du projet" pour 2007. Il aura "la tâche majeure d'associer tous ceux qui ont vocation à contribuer à enrichir le projet du PS", selon M. Hollande.

C'est un autre partisan du non le 29 mai, le député européen Benoît Hamon, également NPS, qui prend en charge "le projet européen".

Le nouveau secrétariat national, constitué par M. Hollande et ratifié à l'unanimité (moins une abstention) par le Conseil national, compte sept fabiusiens et sept NPS sur 43 postes.

Evincé en même temps que Laurent Fabius au lendemain du référendum, le député Claude Bartolone, son homme de confiance, retrouve le portefeuille de la communication, c'est-à-dire le contrôle des publications du parti. M. Fabius n'avait pas souhaité réintégrer le secrétariat du parti.

Tous les présidentiables et toutes les sensibilités se retrouvent aussi dans la commission du projet. Chargée de mettre définitivement au point, d'ici le printemps, le programme pour 2007, elle est formée de 14 personnalités entretenant pour certaines d'entre elles de solides inimitiés.

S'y côtoieront Ségolène Royal et Jean-Luc Mélenchon, Laurent Fabius et Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Henri Emmanuelli.

Selon M. Hollande, "il s'agit maintenant de faire vivre l'esprit de synthèse et d'union".

Ce rôle sera dévolu, derrière le premier secrétaire, au maire de Dijon François Rebsamen, chargé de coordonner le travail de la direction et, à ce titre, officieux numéro deux du parti.

Seul Arnaud Montebourg est resté à l'écart du grand rassemblement. Hostile à la synthèse réalisée au Mans, il quitte le NPS qu'il avait cofondé en 2003 avec M. Peillon, sans renoncer à "la rénovation du parti".

La nouvelle équipe ne plaît pas à tous les responsables du courant Hollande. "C'est le bordel!", a glissé l'un d'eux, en craignant que la paralysie ne s'installe à la direction.