Lu,
à la station Concorde du métro parisien (graffitis), après la
manifestation Nation - Assemblée nationale du 10 juin :

A
la Concorde, le 10 juin 2003
Entendu,
dans la minable contre-manifestation du 15 juin, au même endroit (place de la
Concorde) :
« Les cheminots au boulot, les postiers au courrier ! » ;
« Stop à la dictature syndicale ! » ; « Blondel à
Cuba ! »…
Entendu Raffarin, dans une belle leçon de démocratie, euh, non, pardon, de démagogie (meeting UMP à Asnières, le 10 juin) : « Je n’ai pas parlé de l’opposition, elle n’en vaut pas toujours la peine. Nos adversaires, je crois, ont perdu le sens de la France et de l’intérêt général. Ils semblent préférer leur parti à leur patrie. »

La
fine équipe ! Confions-leur nos enfants...
Lu
Raffarin, interviewé dans Le Monde daté du 20 juin (paru le 19 à
Paris) :
« Nous sortons d’un printemps tendu, en raison du débat sur les
retraites. Je souhaite vraiment que l’on puisse apaiser ces tensions. Je fais
le choix de l’apaisement social. »
Lu le même,
dans le même journal, le même jour, à propos de l’instauration d’un
« service minimum » en cas de grève dans le secteur public :
« La grève, lorsqu’elle gêne le travail des autres, est de moins en
moins tolérée. » Et aussi à propos du paiement des jours de grève :
« Non (je ne suis pas favorable au paiement des jours de grève). Je suis
pour que le droit soit respecté. La loi prévoit des retenues sur salaire pour
les grévistes. Le gouvernement applique la loi… »
Entendu
l’avertissement des syndicats, dès le 19 juin :
« La CGT, l'Unsa et la FSU dénoncent les velléités gouvernementales
d'application de procédures maximalistes et à bien des égards d'exception en
matière de retraits de salaires pour faits de grève », ont répondu les
trois organisations syndicales à l’hôte de Matignon, dans un communiqué
commun. « Le choix semble fait par le gouvernement de prendre en otage les
grévistes de mai », ont-elles ajouté, en lançant une mise en garde
contre « cette tentation de revanche et de répression » du
mouvement social. « C'est le principe même de l'action et de la négociation
sociale que le gouvernement cherche ainsi à affaiblir au nom d'un 'Etat fort'. »
« C'est la première fois que cela arrive depuis 20 ans », a souligné
le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. Il a dénoncé « un
sentiment de revanche qui ne peut qu'exacerber un peu plus les tensions sur tous
les sujets sociaux ».
Vu, sur France 2, Bernard Thibault, le 19 juin (20 heures) : « J'ai l'impression qu'il y a l'esprit de Mme Thatcher qui est en train de rôder dans les couloirs de Matignon », a ironisé Bernard Thibault, sur France-2. Avant de rappeler que « la tradition a toujours été de faire en sorte d'avoir une certain étalement pour permettre à des grévistes aussi d'avoir les moyens de vivre normalement ». « Ce que le gouvernement veut faire à cette occasion, c'est d'étrangler par le porte-monnaie et dissuader tout mouvement à l'avenir », a-t-il ajouté avant de conclure : « Je ne pense pas encore une fois que cela soit de nature à calmer le jeu, au contraire ».
Trouvé, sur le site internet de « la Droite libre » (affiliée à l’UMP), ce trait d’humour (on peut rêver…) : « Savez-vous quelle est la plus grande des administrations au monde après l’armée chinoise ? L’Education nationale française ! Le coût de cette gigantesque plaisanterie ? 650 milliards de francs par an, soit le prix de 52 porte-avions nucléaires. »

Chaude
ambiance, à Bastia...
Vu, à Bastia (Haute-Corse), le
samedi 21 juin : Venus
convaincre les 190 000 électeurs corses de voter « oui » au référendum
du 6 juillet sur le statut de l'Ile de Beauté, Jean-Pierre Raffarin et Nicolas
Sarkozy ont été contraints par des manifestants (CGT, SNES, Attac)
d'improviser un semblant de meeting dans la plus grande confusion, debout sur
des chaises en plastique. Le visage blême et le sourire crispé, le Premier
ministre a été obligé de s'exprimer sans micro devant moins de 200
sympathisants réfugiés dans une salle annexe de l'aérogare. Tentant de répliquer
aux protestataires qui l’empêchaient de tenir son meeting, Raffarin a voulu
afficher sa « détermination ». « Ne nous laissons pas
impressionner; la démocratie c'est le peuple », a-t-il crié, contraint
de s'époumoner alors que flottaient dans l'air des vapeurs de gaz lacrymogène.
« Le peuple doit s'exprimer, mais dans les urnes ». Dans les quoi… ?
« Le
peuple doit s’exprimer… » ? Chiche ! Noté, dans les dépêches
AFP :
56% des Français jugent favorablement les grèves et les manifestations du 19
juin contre la réforme des retraites du gouvernement, soit une cote en
progression de 5 points par rapport à un sondage précédent portant sur la
journée d'actions du 10 juin, selon un sondage CSA paru lundi 23 juin. Interrogés
le 12 juin sur la précédente journée d'action du 10 juin, les sondés avaient
été 28% à la « soutenir » et 23% à « éprouver de la
sympathie », soit un total de 51% d'opinions favorables. Les salariés du
secteur privé sont 61% à éprouver de la sympathie pour le mouvement ou à le
soutenir, contre 76% dans le secteur public. Concernant les professions des sondés,
52% des cadres ou des professions libérales ont une opinion favorable du
mouvement du 19 juin, 60% des professions intermédiaires, 68% des employés et
67% des ouvriers. Le président de l'UMP Alain Juppé (un spécialiste !)
ne s’y est pas trompé et a appelé, vendredi 20 juin, son parti à « la
reconquête du terrain des idées », regrettant qu'« un certain
nombre d'idées fausses continuent d'être véhiculées dans l'opinion publique »
sur cette réforme. Les Français restent effectivement sceptiques sur le fond :
54% jugent que le plan Fillon ne permettra pas de résoudre le problème du
financement des retraites, alors que le gouvernement a fait de l'impasse financière
la justification essentielle de la réforme.