Un été en pente raide

 

 

   C’est lors du Comité d’entreprise du 13 juillet que la direction de Bayard a commencé de faire le bilan du « re-lancement » de Côté Femme, le 8 mars dernier. Selon les projections de nos plus hauts responsables ( !), le titre allait tout droit vers un déficit de quelque 7 millions d’euros en 2004 et de 5,5 millions en 2005… L’effondrement de la vente au numéro, dès le cinquième numéro de la nouvelle formule, signait le fiasco total : de presque 230 000 exemplaires vendus en 1999, lors de la mue de Bonne Soirée en Côté Femme, l’hebdomadaire en était arrivé à 160 000 exemplaires de diffusion moyenne, avant l’aventure du printemps 2004 qui n’a fait que précipiter la chute.

   Déjà, en 2000, le changement de titre avait coûté 60 000 exemplaires perdus chaque semaine au magazine… Le coup de grâce a été donné cet été : passage en formule mensuelle ; annonce d’un plan social à négocier en septembre… Le tout dans une atmosphère de panique peu propice à la réussite d’un « sauvetage » de Côté Femme auquel les élus du Comité d’entreprise ne peuvent croire étant donné les plans peu crédibles présentés par la nouvelle direction du département Seniors (rebaptisé « Génération et modes de vie »…).

   Pour la CGT , il est clair que la direction de Bayard ne se fait aucune illusion sur les chances de réussir un Côté Femme mensuel. Elle ne fait que gagner du  temps, étalant un plan social majeur en au moins deux temps, diluant la communication sur son monumental échec éditorial, menant les salariés et leurs représentants en bateau.

   Aussi, la CGT adressait, dès le 29 juillet, un courrier de mise en garde à la DRH de Bayard. A ce jour, cette lettre, dont nous publions l’essentiel, n’a toujours pas reçu la moindre réponse écrite…

 

Courrier de la CGT à la DRH de Bayard (extrait) :

 

« Le vendredi 23 juillet dernier, c’est avec une brutalité inadmissible que trois membres de la direction ont annoncé à toute l’équipe de Côté Femme une réduction drastique des effectifs du titre, donnant même un organigramme du projet de nouvelle équipe (dans le cadre du passage de l’hebdomadaire à une parution mensuelle), organigramme qui permettait à certaines personnes de se reconnaître parmi les « sacrifiées » du changement de formule et laissait d’autres dans un doute difficilement supportable. De notre point de vue, cette façon d’agir est injustifiable car :

-         elle devance, et de loin, toute décision sociale réelle, puisque le dossier de la mensualisation de Côté Femme est toujours en cours d’information et consultation du Comité d’entreprise, que le « livre III » (volet social) n’a pas encore été traité et qu’aucune négociation d’un plan de sauvegarde de l’emploi n’a encore été ouverte avec les organisations syndicales ;

-         elle transgresse unilatéralement l’accord tacite de confidentialité, et de précaution morale, établi entre la direction et les partenaires sociaux, vis-à-vis de l’équipe de Côté Femme, quant aux éléments sensibles (emplois) et, en tout état de cause, non-définitifs du dossier ;

-         elle démoralise encore un peu plus une équipe qui subit une déstabilisation constante depuis de nombreux mois, voire depuis plusieurs années ;

-         elle brutalise, bien au-delà de ce qui est acceptable entre personnes réellement respectueuses de l’humanité de chacune et de chacun, des salariées dont le professionnalisme et la loyauté vis-à-vis de leur journal et de leur entreprise méritent une bien meilleure reconnaissance. (…)

 

De l’avis de nos collègues et camarades de Côté Femme, il est manifeste que plus rien n’est respecté : ni les fonctions, ni les qualifications, ni l’expérience professionnelle, ni la sensibilité des personnes…

 

Sur le fond du dossier,  mise devant le fait accompli de l’échec catastrophique du « re-lancement » de Côté Femme initié en mars 2004, la CGT craint que la mensualisation imposée par la direction de Bayard Presse soit une fausse solution destinée à étaler, par nécessité sociale et impératif communicationnel, l’arrêt pur et simple du titre. De ce point de vue, nous ne pouvons que vous prévenir que notre organisation s’opposera fermement à ce que les salariés de Côté Femme fassent les frais d’un projet si négatif. »

 

Site internet : www.cgtbayard.org - Courriel : contact@cgtbayard.org