Stéphane Nivet est attaché temporaire d'enseignement et de recherche et doctorant en histoire moderne (sous la direction du Professeur Bernard Hours) à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Il est aussi Vice-Président d’Hippocampe.
Hippocampe est une association d'étudiants de Lyon 3, née en décembre 1993, à l'initiative de Pierre-Jérôme Biscarat, alors étudiant en histoire.
L'objet moral de l'association est "la transparence à l'université Jean Moulin Lyon 3" et la "lutte contre le racisme, le négationnisme et l'antisémitisme à l'université Jean Moulin Lyon 3". Leurs combats les ont amenés à s’opposer à l'existence d'un pseudo institut de recherche à Lyon 3 - l'Institut d'Etudes Indo-Européennes de Jean-Paul Allard (président du jury de la thèse négationniste d'Henri Roques) - mais aussi à la distribution d'une revue antisémite dans les locaux de Lyon 3, ou encore au retour de Bruno Gollnisch en février 2005.
Ils ont reçu lors de conférences à Lyon 3 - ou ailleurs car l'Université a refusé de nombreux invités - : Lucie et Raymond Aubrac, Jean-Olivier Viout (substitut de Pierre Truche lors du procès Barbie), Alain Jakubowicz, Bernard Kouchner, Richard Prasquier (Yad Vashem), Myriam Anissimov, Daniel Cordier (le secrétaire de Jean Moulin).
Lyon 3 a notamment refusé d'accueillir Pierre Vidal-Naquet….
Stéphane Nivet a fait parvenir
le texte qui suit à Guy Birenbaum
au sujet du limogeage du recteur de l'Académie de Lyon Alain Morvan.
« Ami, si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place ».
Entre deux cartons, Gilles de Robien, fidèle à sa légendaire témérité, a
demandé la révocation du recteur Morvan.
A qui profite cette forfaiture ? Loin de moi l'idée de penser que le futur ex-ministre de l'Education nationale, en mal d'investiture, a voulu préparer des conditions favorables à sa prochaine union avec le futur ex-ministre de l'Intérieur.
Loin de moi l'idée de penser qu'Alain Morvan ferait partie de la dot, lui qui s'était opposé aux ardeurs communautaristes de Sarkozy sur le dossier du lycée musulman Al-Kindi.
Assurément, Alain Morvan paie pour l'ensemble de son œuvre. Loin des menues compromissions et des petits arrangements éhontés, Alain Morvan a tenu droit et a tenu ferme.
La liste de ceux qui ont eu à connaître de sa détermination parle d'elle-même.
Dans l'affaire Gollnisch, le recteur Morvan ne s'est pas contenté d'une demande de sanctions a minima comme certains lui enjoignaient de le faire. Il a initié « la dynamique de résistance légale vis-à-vis des forces négationnistes et racistes».
Au lycée Ampère en février 2005, entouré pour l'occasion de la regrettée Lucie Aubrac et de Robert Badinter, le Recteur Morvan a tenu à cet effet un discours « dynamite » que les consciences lyonnaises n'oublieront pas de sitôt.
Face à Gollnisch, Alain Morvan a été l'Anti-Raymond Barre. Le Recteur, contrairement à l'Ancien Premier Ministre de Maurice Papon, n'a pas donné, loin s'en faut, du « Cher collègue » d'un œil bonasse et complaisant au leader minimo du Front National.
Chancelier des Universités, le Recteur Morvan ne s'est pas résolu à inaugurer les chrysanthèmes et à décorer les copains de rosettes bien lyonnaises. En rupture avec ses prédécesseurs, il a rappelé haut et fort que le principe d'autonomie des Universités devait être encadré, notamment à ceux qui, à Lyon, ont eu une interprétation très extensive de ce principe, au point de confondre leurs intérêts personnels avec l'intérêt de la communauté universitaire.
Il s'est érigé contre ceux qui se sont rendus coupables d'une véritable appropriation privative, familiale et clanique, des moyens moraux et matériels de l'Université qui a conduit à des dérives racistes et affairistes qui déshonorent leurs auteurs.
Le Tribunal correctionnel de Lyon a d'ailleurs à trois reprises confirmé les ardeurs disciplinaires du Recteur Morvan.
Aujourd'hui victime de l'électoralisme
rampant et de vénéneux «champignons d'antichambre» (Jules Romains) qui
pullulent dans
certains cabinets ministériels, le Recteur Morvan n'a pas démérité.
Il a tracé un sillon duquel il sera difficile de s'éloigner au risque de livrer l'Université au «profiteurs d'abandon et aux débrouillards de la décadence ».
Stéphane Nivet