Paris, le 10
octobre 2006
Robert Redeker ignoblement injurié
et diffamé
Dans
un « Point de vue » publié dans Le
Monde daté du 06/10/06 et titré « Non aux propos stéréotypés ! »,
Jean Baubérot, présenté comme « historien, spécialiste de
la laïcité à l’Ecole pratique des hautes études », n’a pas hésité
à injurier toutes celles et tous ceux qui, ces derniers jours, ont apporté
leur soutien inconditionnel à Robert Redeker. Ces milliers de personnes de tous
horizons, unies par leur confiance commune dans
la République
, et parmi lesquelles se trouvent des personnalités politiques, des
intellectuels et des militants antiracistes de renom, ces femmes et ces hommes
qui ont eu à cœur de défendre sans hésitation les droits fondamentaux de
l’homme et du citoyen, sont tout simplement accusé, par Jean Baubérot, de
« se coucher devant la bêtise haineuse ».
Mais le pire est que le même soi-disant historien de la laïcité se
livre à une ignoble diffamation de Robert Redeker lui-même, en le comparant à…
Edouard Drumont, l’écrivain antisémite, auteur du brûlot
La France
juive (1886) qui est encore, de nos
jours, le bréviaire des néo-nazis de tous poils. Se livrant à une fiction
historique hallucinante, Jean Baubérot écrit : « J'imagine la
situation en 1894 ; supposons une minute qu'ait existé alors un groupe d'extrémistes
menaçant Edouard Drumont ou un autre publiciste antisémite, pouvons-nous
concevoir ceux que l'affaire Dreyfus allait faire qualifier d'intellectuels écrivant
pour défendre le publiciste attaqué : "quel que soit le contenu
des articles de
La Libre Parole
(l'organe de Drumont)..." ? »
Le message est clair : Redeker = Drumont, la critique de l’islam =
l’antisémitisme… Il s’agit là d’une injure publique et d’une
diffamation gravissimes, proférées à l’encontre d’un homme qui est
actuellement menacé de mort, empêché d’exercer sa mission d’enseignant et
obligé de vivre dans la clandestinité, un homme qui se trouve dans
l’impossibilité matérielle et morale de répondre par lui-même à des
propos aussi monstrueux.
Pour
mémoire, Jean Baubérot a été le seul « expert » au sein de
la Commission Stasi
à s’être opposé, courageusement par abstention, à l’idée d’une
nouvelle loi sur le voile (« signes religieux ostensibles »), ce qui
lui a valu, dès lors, la reconnaissance éternelle des islamistes les plus
fanatiques. Une pancarte brandie lors d’une manifestation « contre
l’islamophobie », le 7 février 2004, avait ainsi qualifié Jean Baubérot
d’« homme juste ». Un an après, le soi-disant historien de la laïcité
s’est vu invité au congrès 2005 de l’UOIF. Ce 26 mars 2005, au Bourget,
devant plusieurs milliers de personnes, femmes voilées et hommes barbus séparés,
Jean Baubérot a été présenté comme étant « le plus grand spécialiste
de la laïcité en France ». Ainsi encensé, et même acclamé,
l’universitaire qui ne fait jamais mystère de sa foi (protestante) s'est déclaré
« très heureux, (…) en tant que frère » de revenir au congrès
du Bourget, évènement où il avait déjà fait acte de présence en 2004.
Cette connivence, pour ne pas dire complicité, avec les islamistes dégénère,
aujourd’hui, en haine
de la liberté d’expression.
Quant
à sa légitimité vis-à-vis de l’histoire de la laïcité, Jean Baubérot
est éditorialiste de l’hebdomadaire Réforme, « un regard protestant
sur l’actualité », et candidat (malheureux), cette année, à la présidence
du Conseil national de
la Fédération
protestante de France… Comment s’étonner qu’il ait alors tenté, dès
1990, de nous fourguer l’idée d’un « nouveau pacte laïque » (Le Seuil),
réformant la loi de décembre 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat,
nouveau pacte qui devrait (je cite) « affronter les impensés de la laïcité
», c’est-à-dire « le sacré, la morale » ? Comment s’étonner que le même
nous vende le Concordat napoléonien de 1801 comme « premier seuil de laïcisation
», jetant par ailleurs aux oubliettes la première loi de séparation de
l’Etat et des cultes du 18 septembre 1795 ?
« Calomniez,
calomniez, il en restera toujours quelque chose ! » La maxime est
ancienne, mais la méthode reste d’actualité.
Le
21 septembre, déjà, Danielle Bleitrach, dans LeGrandSoir.info, le Journal alternatif d’information militante, se livrait à une
diatribe diffamatoire : « Donc Redeker le sioniste non juif, comme
les Evangélistes sionistes des Etats-Unis exaltent la caricature et aiment les
juifs dans la caricature que fait d’eux un Dieudonné, ce sont des antisémites
qui aiment les juifs. Et en bonne logique pour eux aimer les juifs c’est haïr
les musulmans, leur mettre l’étoile jaune. » Cet extrait se passe de
commentaire !
Il
n’est pas inopportun, cependant, de rappeler que Danielle Bleitrach s’était
déjà livrée, le 21 février 2005, dans le même site « alternatif »,
à une hallucinante déclaration d’amour en direction de… Dieudonné :
« Je ne crois pas que
Dieudonné soit judéophobe, homophobe, et autres gracieusetés dont on
l’affuble... Mon point de vue "iconoclaste", est inspiré
d’Erasme, l’humaniste : (…) Je
crois que comme beaucoup d’artistes il est hypersensible, réactif , son
travail le conduit à se vider de lui-même, d’être comme la page blanche sur
laquelle s’inscrivent les signes, où les contenus remontent en forme… »
Ceci explique-t-il cela ?
Le
6 octobre, dans un courrier des lecteurs de Libération, l’écrivain Abdelwahab
Meddeb lançait, à son tour : « Un tel texte (celui de Redeker)
est égal aux pamphlets antisémites les plus abjects, ceux écrits par Céline
par exemple. » Cette comparaison relève une fois de plus de l’injure et
de la diffamation. Pour avoir travaillé sur le sujet (http://www.franceradicale.org/lfcelinenazi.htm)
et savoir combien Céline fut un nazi fanatiquement antisémite, je ne peux
qu’être sidéré, horrifié, par le propos publié par Libération.
Enfin,
dans un « A propos de l’affaire Redeker » diffusé le mardi
3 octobre 2006 et intégralement publié sur le site internet islamiste
Oumma.com,
la Fédération
nationale de
la Libre Pensée
, se livre, elle aussi, à un
commentaire injurieux et diffamatoire, même en y mettant de dérisoires
guillemets, et se paie le luxe de mettre en œuvre, au passage, un des lieux
communs anti-judaïque les plus éculés. Le texte du professeur de philosophie
est commenté ainsi : « Il
ne s’agit donc pas d’une critique laïque et rationaliste des croyances,
mais l’affirmation que toutes les religions
ne se valent pas et que l’Islam est pire que toutes les autres. Au passage, la
lecture historique est un peu “révisionniste”, car faire de
la Bible
hébraïque une livre de douceurs humanistes
relève d’une méconnaissance totale d’un ouvrage qui fait l’apologie de
massacres et de pillages et qui amène
l’assassinat politique au rang de méthode de gouvernement. »
Ici encore, il n’est pas
inopportun de rappeler que
la Fédération
nationale de
la Libre Pensée
s’est, elle aussi, opposée à la loi du 15 mars 2004 contre les signes
religieux à l’école publique. De là à traiter Robert Redeker de « révisionniste »…
Les raisons politiques de cette attitude à géométrie variable vis-à-vis des
religions et des clergés ont déjà été « dévoilées » par
Evariste, dans le n°
460 de ReSPUBLICA, daté du 31
juillet dernier.
Baubérot,
Bleitrach, Meddeb, Parti des
Travailleurs à travers
la Libre Pensée
… Voici, en quelques lignes, le joli front des diffamateurs de Robert Redeker
et de celles et ceux qui le soutiennent. Quel est leur motif commun ?
Nous espérons que Robert
Redeker demandera prochainement à la justice de condamner lourdement des
atteintes aussi violentes à son honneur. Nous l’assurons que, dans ce cas,
nous lui apporterons toute l’aide possible (matérielle, juridique et morale)
et que notre engagement sera total à ses côtés.
Antoine
Peillon, président de
la France Radicale
– Gauche Démocratique et Républicaine