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Porte-drapeau de la
délégation française lors de la cérémonie d’ouverture, Carole
Montillet est devenue, mardi, la première tricolore championne
olympique de descente. Quel plus bel hommage pouvait-elle rendre à
son amie Régine Cavagnoud ?
par Stéphane
Dubourdieu |
Une grande
première En des temps presque préhistoriques, il y avait eu les
sœurs Goitschel, Marielle et Christine, sacrées championnes olympiques en
slalom et en géant à Innsbruck en 1964. Puis un grand vide dans l’histoire
du ski féminin français, même si Perrine Pelen avait décroché deux
médailles en 84 aux JO de Sarajevo : l’argent en géant et le bronze en
slalom. Alors, le sacre de la Grenobloise Carole Montillet, mardi à
Snowbassin, peut être considéré comme historique. Il ne prend que plus de
relief dans un sport où de très grands champions tricolores, de sexe
masculin, s’y sont davantage illustrés que les jeunes femmes. On pense à
Oreiller, Vuarnet ou Jean-Claude Killy.
Tout un symbole C’est une trajectoire à séduire tous les
cinéastes, qui trouvent aujourd’hui dans la vie de célèbres sportifs
matière à émouvoir le public en transformant leurs histoires en destins.
Carole Montillet émerge donc en pleine lumière quelques mois après avoir
été plongée dans le plus grand désarroi, causé par le décès de sa grande
amie, Régine Cavagnoud. Ce n’est qu’un juste retour des choses pour cette
jeune femme de 29 ans, rarement épargnée par la malchance, et qui ne s’est
jamais considérée comme la nouvelle leader du ski féminin français. Tout
juste avait-elle accepté de se mettre en avant lors de la cérémonie
d’ouverture de ces JO d’hiver, en acceptant d’être le porte-drapeau de la
délégation tricolore. Depuis ce 12 février, elle en est aussi la flamme,
l’égérie, le symbole.
Les stars loin derrière Vainqueur d’une épreuve plusieurs
fois repoussée à cause de mauvaises conditions climatiques et d’un vent
violent soufflant sur le sommet de la piste, Montillet a offert à la
France la première médaille d’or de ces JO d’hiver, et est également
devenue la première française championne olympique de descente. En
claquant un fantastique chrono (1’39’’56), l’Iséroise avait tapé très
fort, mais les meilleures spécialistes de la discipline ne s’étaient pas
encore élancées. Isolde Kostner, par exemple, pouvait légitiment prétendre
à la couronne olympique, en tant que leader de la Coupe du monde de
descente. Mais l’Italienne, créditée d’un bon temps, terminera à près
d’une demie seconde de la Française, et à la 2e place. Il restait aussi
l’Autrichienne Renate Goetschl (3e en 1’40’’39) ou encore sa redoutable
compatriote Michaela Dorfmeister (seulement 9e en 1’40’’83). Mais aucune
des deux ne parviendra à dompter une neige dure et abrasive. La seule
pouvant encore inquiéter Carole Montillet était Picabo Street, qui aurait
voulu tirer sa révérence en devenant championne olympique dans son pays.
L’Américaine ne terminait que 16e...
«Je ne sais pas ce que j’ai fait» Submergée par
l’émotion et assaillie par les médias voulant en savoir plus sur elle,
Carole Montillet avait du mal à réaliser ce qui lui arrivait. «Je ne
sais pas ce que j’ai fait. Je voulais aller vite mais là...»,
déclarait-elle, en ayant évidemment une pensée pour Régine Cavagnoud.
Descendeuse de formation, mais excellente géantiste (elle a remporté sa
première épreuve de Coupe du monde en 2001, dans un Super-G), l’Iséroise
touche enfin à la consécration suprême. Ce n’est que justice pour cette
jeune femme, sept fois championne de France de Super-G mais qui n’a pas
souvent été épargnée par les blessures. Elle peut à nouveau déborder
d’ambition et croire en ses chances de gagner un jour la Coupe du monde.
L’un des objectifs qu’elle s’est fixée. L’avenir est à
elle. |